Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a salué, samedi 27 février, le cessez-le-feu en Syrie, qui, contre toute attente, a bien commencé samedi 27 février.
Cette « première cessation des hostilités en cinq ans de guerre en Syrie » est « la première chance de mettre un terme à la violence sur le terrain et ne doit pas être manquée », a précisé la Haute Représentante, dans un communiqué. « Chacun d'entre nous, membre de la communauté internationale, et les parties au conflit ont la responsabilité de faire ce travail et ne doivent pas perdre la possibilité de sauver des vies et de mettre la Syrie sur la voie d'une solution pacifique au conflit », a-t-elle souligné.
Selon elle, si cette cessation des hostilités tient, cela va créer les conditions pour un accès humanitaire « complet, durable et sans entrave dans toute la Syrie ». Selon le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, la privation forcée de nourriture pourrait faire des « milliers » de morts dans les zones assiégées. Lundi 29 février, il a rappelé que plus de 450 000 personnes étaient actuellement « prises au piège » dans des villes et villages assiégés, certaines depuis des années.
Ce cessez-le-feu permettra aussi de tenir les promesses sur des mesures de confiance convenues par le Conseil de sécurité des Nations unies et ces mesures permettront à leur tour à l'envoyé spécial Staffan de Mistura de réunir à nouveau les pourparlers intra-syriens et de créer les conditions de la transition politique adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité, a poursuivi Mme Mogherini. M. de Mistura a annoncé, vendredi 26 février, avoir l'intention de convoquer une nouvelle session de négociations inter-syriennes pour le lundi 7 mars, à condition que la cessation des hostilités tienne globalement et que l'accès humanitaire soit maintenu.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé, lundi 29 février, que la cessation des hostilités tenait, même si « quelques incidents » avaient été observés. « Le groupe de travail sur la cessation des hostilités va maintenant essayer de s'assurer que cela ne se poursuive plus et que la trêve continue », a-t-il ajouté. Ce groupe de travail devait se réunir dans l'après-midi du 29 février. Plus tôt dans la journée, le ministre français des Affaires étrangères avait annoncé avoir reçu des informations selon lesquelles les attaques y compris aériennes se poursuivent contre des zones contrôlées par l'opposition modérée. (Camille-Cerise Gessant)