Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - L'Autriche a réagi avec virulence, lundi 29 février, aux propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui avait appelé la veille l'Union européenne à ne pas laisser tomber la Grèce face à l'afflux migratoire.
Vienne n'a « de leçon à recevoir de personne », a sèchement déclaré la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, rapporte l'agence APA. « Visiblement, pour certains, la 'solution européenne' (à la crise migratoire), c'est que tout le monde se retrouve en Autriche », a-t-elle critiqué.
Selon le gouvernement grec, 70 000 migrants pourraient être « pris au piège » en Grèce au cours du mois de mars en raison des blocages imposés par les pays des Balkans occidentaux comme l'ex-République yougoslave de Macédoine qui filtre les passages à sa frontière.
« Pouvez-vous sérieusement croire que les pays de l'euro ont combattu jusqu'au dernier pour que la Grèce reste dans l'euro (…) pour qu'un an plus tard, en fin de compte, on laisse pour ainsi dire la Grèce plonger dans le chaos ? », avait lancé Mme Merkel lors d'une émission télévisée sur la chaîne publique ARD, appelant à ne pas « abandonner ainsi » Athènes, a rapporté l'AFP.
Le même jour, le ministre grec chargé de la Politique migratoire, Yannis Mouzalas, avait annoncé sur la chaîne Mega que près de 22 000 personnes sont actuellement bloquées sur le territoire grec et qu'entre « 50 000 et 70 000 individus » pourraient être bloqués en mars.
Le 26 février, la Slovénie et la Croatie, avec la Serbie et l'ARYM, ont décidé de limiter à 580 le nombre de personnes transitant quotidiennement par leur territoire. L'Autriche a déjà choisi le 17 février de limiter l'entrée des migrants à 80 demandeurs d'asile par jour, et à 3 200 personnes en transit.
« Le problème est qu'ils ont agi par eux-mêmes et arbitrairement, et ce n'est pas bon lorsqu'on laisse un pays de côté. La responsabilité de l'Allemagne est que ce problème soit réglé avec tous les pays et non pas aux dépens d'un pays », a encore assuré la chancelière.
Le 25 février, lors d'une réunion formelle des ministres de l'Intérieur de l'UE (EUROPE 11499), la Commission européenne et la Présidence néerlandaise du Conseil de l'UE ont laissé entendre que des mesures radicales, notamment aux dépens de la Grèce, pourraient être prises après le 7 mars, si le Sommet UE/Turquie, suivi d'un sommet formel des leaders européens, n'aboutissait à aucun progrès. (Solenn Paulic)