Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - Le Parlement et le WWF ont réservé un accueil liminaire favorable au plan d'action proposé par la Commission européenne, vendredi 26 février, pour aider l'UE à combattre plus efficacement le trafic criminel et lucratif des espèces sauvages menacées d'extinction (EUROPE 11500).
C'est à la volonté politique du Conseil qu'ils en appellent d'ores et déjà, sachant que ce plan d'action stratégique sera présenté aux ministres européens compétents et devrait faire l'objet de conclusions du Conseil Environnement de l'UE du 20 juin.
« Nous applaudissons l'engagement fort de la Commission à mettre un terme à ce trafic illégal. Il appartient maintenant aux États membres de (….) prendre leurs responsabilités pour traquer le commerce illégal et appliquer des sanctions lourdes pour punir ces criminels », a déclaré Geneviève Pons, directrice du bureau européen du WWF (Fonds mondial pour la nature). Et de faire observer: « Le crime contre les espèces sauvages n'est pas seulement une menace pour de nombreuses espèces, il sape l'État de droit, la bonne gouvernance, le bien-être des communautés locales et le développement durable ».
Le WWF, qui demande avant tout « suffisamment de volonté politique et de ressources financières, à la mesure de la gravité du problème », compte sur les États membres de l'UE pour donner corps à ce plan d'action. Les trois volets qu'il contient - la prévention par un soutien à la réduction de la demande dans l'UE et à l'extérieur de l'UE ; le renforcement de la mise en oeuvre des législations existantes, notamment par la coopération entre les agences compétentes ; la création d'un partenariat mondial contre ce trafic par l'utilisation de la diplomatie et la coopération - correspondent aux attentes que le WWF avait formulées avant son adoption. L'ONG a aussitôt annoncé qu'elle allait maintenant analyser ce plan plus avant et formuler des recommandations au Conseil et au Parlement.
Le Parlement européen qui, en 2014, avait adopté une résolution sur le sujet, va maintenant préparer un rapport d'initiative sur le plan d'action. L'eurodéputé Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais), à l'origine de la résolution du PE, est satisfait. « Enfin, le crime contre les espèces sauvages reçoit le degré de priorité politique qu'il mérite ! », a-t-il déclaré, ravi que la Commission ait inclus « presque toutes les mesures » qu'il avait proposées en 2013 et qu'elle ait « couvert presque tous les aspects pertinents » et, en particulier, des sanctions pénales d'au moins quatre ans d'emprisonnement pour les criminels. Catherine Bearder (ADLE, britannique), sa collègue qui a mené campagne pour ce résultat, est aux anges. « C'est un énorme pas en avant. On ne peut s'attaquer à ce crime que par une approche coordonnée qui combatte sa cause profonde: le braconnage », a-t-elle estimé.
La Fondation Born Free, auteur d'un rapport publié en avril 2015, 'End Wildlife trafficking', qui contenait des recommandations en faveur d'un plan d'action de l'UE, se réjouit, elle aussi. Dans un communiqué, elle rappelle que 2 500 saisies d'espèces sauvages ou de produits de ces espèces sont enregistrées chaque année dans l'UE et que celles-ci « ne représentent qu'une fraction infime du commerce illégal dont la valeur mondiale estimée dépasse 17 milliards d'euros par an ». Born Free appelle les citoyens de l'UE à soutenir la déclaration écrite 0003/2016 déposée par l'eurodéputée Neena Gill (S&D, britannique) qui appelle la Commission et les 28 États membres à renforcer les règles relatives à l'importation de trophées d'espèces sauvages dans l'UE. (Aminata Niang)