Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - Craignant un ralentissement de l'économie mondiale, les grands argentiers mondiaux ont identifié le choc d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne parmi les risques à la baisse pour la reprise économique qui demeure inégale, samedi 27 février.
« Les risques à la baisse et les vulnérabilités ont augmenté », indique la déclaration finale du 'G20 Finances', citant des flux de capitaux « volatiles », « une forte baisse » des prix des matières premières, des tensions géopolitiques accrues, « le choc d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE » ainsi qu'un nombre « élevé et croissant » de réfugiés dans certaines régions du monde.
S'attendant à ce que la croissance économique se poursuive à un rythme « modéré », les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 20 principales économies de la planète réitèrent leur engagement à utiliser tous les outils « monétaires, budgétaires et structurels » à leur disposition pour stimuler l'activité économique, via notamment un effort accru en matière de réformes structurelles et d'investissement. Ils souhaitent fixer des priorités pour appliquer leur agenda de réformes et mettre au point des indicateurs afin d'évaluer les progrès et l'adéquation des mesures prises. Concernant l'investissement, ils demandent aux banques multilatérales de formuler un niveau adéquat d'ambition pour des projets d'infrastructures de haute qualité capables d'attirer une diversité d'investisseurs de long terme.
Sur l'architecture financière, le 'G20 Finances' entend mieux suivre les flux de capitaux et en identifier plus rapidement les risques. Il soutient les travaux en cours au Comité de Bâle pour « affiner » le cadre prudentiel bancaire 'Bâle III' en vue d'en garantir la cohérence et maximiser son efficacité « sans accroître davantage et de manière significative les exigences globales en matière de capital ».
Enfin, les grands argentiers mondiaux jugent « cruciale » une mise en oeuvre « étendue, cohérente et effective » du plan d'action 'BEPS' de l'OCDE visant à lutter contre l'optimisation fiscale agressive des multinationales. Les normes pour l'échange d'informations fiscales sur demande et sur une base automatique s'appliqueront « d'ici à 2017 ou à la fin 2018 », indiquent-ils. Et d'encourager toutes les juridictions hors G20, y compris les pays en développement, à s'impliquer dans le plan d'action sur un pied d'égalité. (Mathieu Bion)