Bruxelles, 27/11/2015 (Agence Europe) - Dans un courrier adressé à la Commission européenne jeudi 26 novembre, dix États membres - Bulgarie, Estonie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Slovaquie - dénoncent le projet russe Nord Stream-2 de doublement de gazoduc Nord Stream, estimant qu'il va à l'encontre des intérêts de l'UE et risque de déstabiliser davantage l'Ukraine.
Ces pays demandent que le projet Nord Stream-2 soit soumis à un contrôle de conformité le plus strict à l'égard de la réglementation de l'UE et ils appellent à un « débat inclusif » lors de la prochaine réunion du Conseil européen, les 17 et 18 décembre.
« La position de la Commission sur Nord Stream-2 va en grande partie influencer la perception de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE parmi ses alliés de base et ses partenaires traditionnels », souligne la lettre, relayée par l'agence Reuters.
L'extension du gazoduc Nord Stream pour accroître les livraisons de gaz russe directement en Allemagne pourrait avoir de graves conséquences pour les autres pays de l'UE et l'Ukraine, insistent les pays signataires. « Préserver la route d'approvisionnement à travers l'Ukraine est l'intérêt stratégique de l'UE dans son ensemble, non seulement du point de vue de la sécurité énergétique, mais aussi du renforcement de la stabilité de la région en Europe de l'Est », insistent-ils.
Invitée à réagir vendredi 27 novembre, la Commission a répété que, comme pour toute nouvelle infrastructure énergétique, elle va examiner la conformité du projet Nord Stream-2 au regard du droit de l'UE.
Le gazier russe Gazprom a signé avec cinq partenaires européens, début septembre, un pacte d'actionnaires pour bâtir le projet Nord Stream-2, qui vise à doubler la capacité du gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique, Nord Stream, en service depuis 2012, pour la porter de 55 à 110 milliards de m3 par an. Gazprom pilotera ce projet auquel sont associés les énergéticiens allemands E.ON et BASF-Wintershall, l'autrichien OMV, l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell et le français Engie à hauteur de 10% chacun. (Emmanuel Hagry)