Bruxelles, 27/11/2015 (Agence Europe) - Dans une résolution préparée par Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand) et adoptée par 499 voix pour, 61 voix contre et 86 abstentions, jeudi 26 novembre à Strasbourg, le Parlement européen soutient l'adhésion envisagée de l'Équateur à l'accord de libre-échange multipartite entre l'UE, d'une part, la Colombie et le Pérou, d'autre part. Il demande toutefois au gouvernement équatorien de s'attaquer à des problèmes tels que le travail des enfants, les droits des femmes et la déforestation avant que le Parlement vote sur l'adhésion de l'Équateur à l'accord multipartite entre l'UE et les pays andins.
Dans son texte de résolution, le PE reconnaît les avantages que l'accord de libre-échange avec l'UE apportera pour l'Équateur, tant pour son économie que pour réduire les inégalités sociales. Toutefois, il exige du gouvernement équatorien des mesures concrètes en matière de droits de l'homme et de développement durable - droits du travail et protection de l'environnement - similaires aux plans d'action que les autorités de la Colombie et du Pérou avaient présentés avant que le PE donne son aval à l'accord multipartite.
Les députés saluent les récentes mesures prises par le gouvernement équatorien - un investissement de 40,8 milliards de dollars sur huit ans - pour réduire les inégalités et lutter contre la criminalité organisée et le trafic de drogue, mais ils exhortent l'Équateur à intensifier ses efforts pour fournir un accès à l'éducation, lutter contre le travail des enfants et garantir le respect total des droits des femmes et des syndicats. Le PE se dit aussi préoccupé par la déforestation intensive et la perte de biodiversité dans le pays.
Enfin, l'Équateur étant l'un des plus grands producteurs de bananes au monde, le PE demande à la Commission d'activer le mécanisme de sauvegarde qui suspend l'exemption des droits sur les importations de bananes d'Équateur dans le marché européen si celles-ci dépassent un certain volume jugé nocif pour les régions productrices de bananes de l'UE, tant au plan économique qu'en termes d'emploi.
Risque de dégradation grave. « Il était important que le PE dise clairement que le progrès social de l'Équateur doit être protégé et pas compromis par les clauses d'un accord commercial. Sur ce point, la Commission a reçu un message clair », a commenté M. Scholz, au nom de la GUE/NGL. Le PE exige de la Commission qu'elle fasse « activement pression » sur l'Équateur afin qu'il se conforme aux mêmes obligations qui ont contraint la Colombie et le Pérou dans le cadre de la feuille de route en matière de protection de l'environnement, de droits des travailleurs et de droits de l'homme, qui accompagnait l'accord multipartite, se félicite-t-il. « Les ONG et l'évaluation d'impact sur la durabilité de l'accord multipartite conduite par la Commission soulignent que l'accès des sociétés aux concessions minières et aux terres sera facilité et que l'accord conduira à une dégradation grave de l'environnement et des tensions sociales et, probablement, à l'expulsion des petits agriculteurs et des populations autochtones. La résolution exhorte donc la Commission et l'Équateur à prendre des contre-mesures, incluant le programme d'accompagnement », conclut-il.
L'UE et l'Équateur ont paraphé, à la mi-décembre 2014, le protocole d'accord conclu en juillet 2014 qui permettra à l'Équateur de rejoindre l'accord commercial multipartite entre l'UE et les pays andins, conclu en 2012 et entré en vigueur en 2013 après l'aval du PE (EUROPE 11217). (Emmanuel Hagry)