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Bulletin Quotidien Europe N° 11416
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) bce

Réexamen des outils disponibles pour lutter contre l'inflation atone

Bruxelles, 22/10/2015 (Agence Europe) - Le conseil des gouverneurs de la BCE a chargé ses services, jeudi 22 octobre à La Valette, de plancher, d'ici à décembre, sur les avantages et désavantages des outils de politique monétaire disponibles au cas où un assouplissement s'avérait à nouveau nécessaire.

L'issue de notre réunion n'est « pas 'attendons de voir', mais 'analyser et évaluer' », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. C'est la raison pour laquelle nous avons mandaté les comités de politique monétaire d'analyser « les avantages et les désavantages des différents instruments de politique monétaire ». Selon l'institut monétaire, « la force et la persistance » des facteurs ralentissant le retour à moyen terme de l'inflation au niveau cible (inférieur mais proche de 2%) nécessitent « une analyse poussée ». Sur la base de ces analyses et de projections macro-économiques actualisées, le Conseil des gouverneurs procédera, en décembre, à un réexamen complet du degré d'assouplissement de la politique monétaire.

En septembre, l'inflation sur base annuelle est retombée en territoire négatif (-0,1%) alors que la BCE a initié en mars un programme ('quantitative easing' ou 'QE' à l'européenne) de rachat massif de titres publics et privés (EUROPE 11395). Au 16 octobre, la BCE avait notamment racheté près de 371 milliards d'euros de titres publics. La BCE mettra « pleinement » en oeuvre ses opérations de rachats de titres publics et privés de façon à atteindre le seuil de 60 milliards d'euros, a souligné M. Draghi. Et de rappeler que le 'QE' à l'européenne, qui continuera au moins jusqu'à septembre 2016, fournit suffisamment de flexibilité en termes d'ampleur, de composition et de durée.

Outre un renforcement du 'QE', d'autres options de politique monétaire sont à l'étude. Une nouvelle baisse du taux d'intérêt de la facilité de dépôts - actuellement fixé à -0,2% - a été discutée, mais « c'est l'une des options », a reconnu M. Draghi, pour qui aucune préférence dans les outils disponibles n'a été établie.

Défi migratoire. À noter que la BCE a eu un bref échange de vues sur le défi migratoire auquel l'Union européenne est confrontée. « Il est bien trop tôt pour dire ce que sera l'impact sur l'économie de la zone euro », selon l'ancien gouverneur de Banca d'Italia. Il a noté que l'afflux de réfugiés en Europe conduira à « une hausse très significative de la main-d'oeuvre disponible » qui suscitera des investissements publics conséquents dans l'éducation et la santé. « Comment ces investissements seront-ils financés ? », s'est-il interrogé.

Enfin, la BCE a maintenu inchangés les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,05%), de la facilité de prêt marginal (0,3%) et de la facilité de dépôt (-0,2%). (Mathieu Bion)

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