Bruxelles, 05/10/2015 (Agence Europe) - Si des progrès ont été réalisés par l'UE pour protéger la biodiversité grâce au réseau Natura 2000, les États membres doivent mettre les bouchées doubles pour atteindre l'objectif que s'est fixé l'UE avec sa stratégie pour la biodiversité, selon un rapport publié vendredi 2 octobre par la Commission.
Ce rapport dresse un bilan à mi-parcours de la mise en oeuvre de cette stratégie, adoptée en 2011 par l'UE pour enrayer le déclin de la biodiversité à l'horizon 2020 et la dégradation des services écosystémiques, et assurer leur rétablissement autant que faire se peut.
Or l'UE est loin du compte, comme l'a montré le rapport de l'Agence européenne de l'environnement sur l'état de la nature (EUROPE 11318). 30% des espèces protégées sont menacées, l'agriculture intensive exerçant toujours une pression majeure. La pollution par les pesticides et les engrais menace 26% des espèces.
La surface des forêts a, certes, augmenté depuis 2010, mais le statut de conservation des habitats forestiers et de leurs espèces ne montre aucun signe d'amélioration. L'environnement marin, quant à lui, est toujours surexploité (58% des stocks commerciaux dans les eaux européennes ne sont pas dans un bon état environnemental, 19% des stocks seulement sont exploités de manière durable). Cerise sur le gâteau: les 12 000 espèces exotiques envahissantes recensées dans l'UE représentent une menace croissante pour la biodiversité et les écosystèmes. Elles causent des dommages importants à l'agriculture, à la foresterie, à la pêche, chiffrés à quelque 12 milliards d'euros par an dans l'UE.
« Les résultats soulignent une fois de plus l'urgente nécessité de protéger la nature, pas seulement pour sa valeur intrinsèque, mais pour le bien-être, le développement économique et l'emploi », commente le commissaire à l'Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella, sur son blog. Et d'ajouter: « un emploi sur six dans l'UE dépend, dans une certaine mesure, de la nature de la biodiversité. Et pourtant, les menaces pesant sur ces ressources vitales sont réelles ».
Si l'UE ne parvenait pas à atteindre l'objectif qu'elle s'est fixé cela pourrait lui coûter jusqu'à 50 milliards d'euros par an, estime la Commission européenne.
Une enquête Eurobaromète publiée le même jour (Eurobaromètre spécial 436) sur les attitudes des Européens à l'égard de la biodiversité montre que plus de trois quarts des citoyens interrogés pensent que des menaces sérieuses pèsent sur les animaux, les végétaux et les écosystème aux niveaux national, européen et mondial. Ils sont plus de la moitié à penser qu'ils seront personnellement touchés par la perte de biodiversité. (Aminata Niang)