Bruxelles, 05/10/2015 (Agence Europe) - Les ministres de l'Énergie des pays du G20 (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Italie, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie et UE) ont affirmé, lors de leur toute première réunion, vendredi 2 octobre à Istanbul, l'engagement du forum G20 en faveur de l'accès à l'énergie dans les régions défavorisées et pour l'essor des énergies renouvelables.
À quelques semaines de la conférence onusienne sur le climat (COP 21), la toute première réunion ministérielle du G20 consacrée à l'énergie, pour laquelle le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait fait le déplacement, reste plutôt discrète, dans le communiqué final, sur les questions des subventions aux énergies fossiles et au futur accord climatique international censé donner suite au protocole de Kyoto.
Les ministres de l'Énergie des principales économies mondiales ont adopté un plan d'action pour l'accès à l'énergie, dont la première phase se concentrera sur le renforcement de l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne. La situation de cette région avait fait l'objet, la veille, d'une conférence G20. Le défi est de taille puisque près d'une personne sur trois dans la région est privée d'électricité.
Les ministres du G20 ont aussi adopté une panoplie d'options volontaires pour le long terme et une approche intégrée et durable pour un déploiement accéléré des énergies renouvelables. Cette 'boîte à outils', développée sous l'égide de l'agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA), inclut des domaines de coopération tels que: l'analyse et l'échange de bonnes pratiques sur les coûts des technologies en matière de renouvelables ; l'échange de bonnes pratiques sur la conception des cadres réglementaires et l'intégration des renouvelables aux systèmes électriques ; le développement d'instruments financiers pour l'atténuation des risques liés au développement des technologies renouvelables ; une évaluation du potentiel technologique des pays en matière d'énergies renouvelables ; le développement de la bioénergie moderne.
En parallèle, les ministres ont aussi souligné l'importance de l'efficacité énergétique, tant pour la réduction des coûts pour les entreprises et les ménages que pour la croissance économique, le renforcement de la sécurité énergétique et l'amélioration l'environnement qu'elle favorise. Ils ont, à cet égard, salué les progrès dans la mise en oeuvre du plan d'action adopté par le G20 en novembre 2014, sur une base volontaire toutefois (EUROPE 11198). Dans le cadre de ce plan, les pays du G20 partagent leurs connaissances sur l'efficacité énergétique dans un certain nombre de domaines, incluant les véhicules, les bâtiments, les appareils en réseau, les processus industriels et la génération d'électricité.
En matière de subventions aux énergies fossiles, les ministres de l'Énergie du G20 ont salué les progrès réalisés par un certain nombre de pays « pour rationaliser et réduire les subventions inefficaces qui stimulent une consommation gaspilleuse », comme l'a demandé le G20 lors du sommet de Brisbane, à la mi-novembre 2014. Un rapport du think tank Overseas Development Institute et de l'ONG environnementaliste Oil Change International, publié avant le sommet de Brisbane, montrait toutefois que les pays du G20 octroient 70 milliards d'euros en moyenne par an à l'exploitation des énergies fossiles (EUROPE 11196).
Enfin, en matière de lutte contre le changement climatique, les ministres de l'Énergie du G20 disent seulement « reconnaître l'importance de l'année 2015 pour mener une action forte et efficace », en s'appuyant sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et des investissements accrus dans les technologies énergétiques propres. Ils affirment leur soutien à la convention-cadre des Nations unies pour le climat (CCNUCC) dans sa démarche pour négocier et oeuvrer pour un « résultat positif et équilibré » de la COP21. (Emmanuel Hagry)