Bruxelles, 05/10/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne et la Turquie devaient évoquer, lundi 5 octobre à Bruxelles, à l'occasion de la visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, la préparation d'un plan d'action pour maîtriser les flux migratoires vers l'UE et renforcer les capacités d'accueil des réfugiés en Turquie.
Ce plan d'action, révélé au cours du week-end par plusieurs médias européens, n'a pas été démenti lundi par la Commission et devait être discuté plus précisément lundi soir lors d'un dîner entre M. Erdogan et les présidents de la Commission, du Conseil européen et du Parlement européen, MM. Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Martin Schulz. Les quatre hommes devaient aussi parler du dossier de la libéralisation des visas au profit des citoyens turcs, que M. Erdogan souhaite voir maintenu au rang des priorités des Européens, mais aussi de la lutte contre le terrorisme ou de la constitution d'une zone de sécurité pour les populations ('safe zone') en Syrie (voir autre nouvelle). M. Erdogan, a-t-il expliqué lors d'un point presse préliminaire avec M. Tusk, comptait aussi aborder la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE. M. Tusk lui a indiqué qu'il attendait de la Turquie qu'elle renforce la gestion de ses frontières extérieures et qu'elle respecte les accords de réadmission existants.
Selon ce plan d'action, l'UE demanderait à la Turquie de renforcer la gestion de ses frontières et de réguler le flux de migrants rejoignant l'UE, en particulier via des patrouilles conjointes avec les Européens, notamment les Grecs et Frontex ; des fonds supplémentaires seraient alloués à la Turquie pour qu'elle construise davantage de centres d'accueil des migrants et réfugiés. En échange, l'UE s'engagerait à accueillir davantage de réfugiés sur son sol au titre des programmes de réinstallation. La Commission ne confirmait toutefois pas lundi le chiffre de 500 000 places de réinstallation offertes à la Turquie ni le nombre de six nouveaux centres d'accueil des réfugiés à construire sur le sol turc.
La Commission européenne n'attendait pas directement lundi un feu vert formel de M. Erdogan à la liste d'initiatives, mais du moins un aval « au lancement du processus », a expliqué une source européenne. Elle souhaiterait aussi que ce plan d'action soit endossé mi-octobre lors du Sommet européen et que les actions définies avec la Turquie puissent démarrer aussi vite que possible.
Lors d'une déclaration de presse en amont de sa rencontre avec M. Erdogan, Jean-Claude Juncker a indiqué qu'il présenterait lundi soir un « agenda commun de migration » à la Turquie et qu'il appellerait de ses voeux « l'accélération de la question des visas », processus lancé fin 2013 et qui fera l'objet d'un rapport d'étape fin 2015. Le président Juncker a également indiqué qu'il souhaitait que la Turquie soit inscrite sur la liste des pays d'origine sûrs (qui permettent de traiter plus rapidement les demandes d'asile de leurs ressortissants), alors que les ministres de l'Intérieur doivent justement en parler jeudi à Luxembourg et que certains d'entre eux sont réticents à y placer la Turquie en raison des derniers développements sécuritaires. (Solenn Paulic)