Bruxelles, 05/10/2015 (Agence Europe) - Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé, au cours de sa visite à Bruxelles, lundi 5 octobre, à une plus grande coopération pour lutter contre le terrorisme.
« La clé pour avoir une lutte contre le terrorisme efficace est d'avoir une coopération internationale et de la solidarité », a-t-il affirmé, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président du Conseil européen, Donald Tusk. « La question du terrorisme est d'une importance critique pour notre région et notre pays », a-t-il rappelé. « Nous devons travailler collectivement pour lutter contre le terrorisme », a-t-il dit, tout en regrettant que si l'UE reconnaît le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme étant une organisation terroriste, cela a du mal à se traduire « en pratique » dans les États membres.
M. Erdogan a aussi souligné qu'une « organisation terroriste ne devait pas avoir une chance de se voir légitimée car elle combat contre Daesh », expliquant ainsi que le Parti de l'union démocratique (PYD) était, selon lui, aussi une organisation terroriste. « Il n'y a pas de bon terrorisme versus mauvais terrorisme. Daesh est une organisation terroriste comme le sont le PYD et le PKK », a-t-il insisté. Il a dit espérer que les États membres de l'UE allaient faire preuve de la « sensibilité nécessaire » à cet égard.
En plus de la lutte contre le terrorisme, MM. Erdogan et Tusk ont discuté de la crise des migrants (voir autre nouvelle) et de la crise syrienne. « Nous avons discuté de la nécessité urgente de trouver une solution au conflit en Syrie. Nous sommes d'accord que la solution ne peut pas arriver en ayant une Russie alliée avec le président Assad qui bombarde les forces d'opposition légitimes », a indiqué M. Tusk. M. Erdogan a appelé à une zone d'exclusion aérienne et à la création d'une zone tampon, au nord de la Syrie, sécurisée, où les Syriens pourraient se réinstaller. Lors d'un autre point presse, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a rappelé qu'une zone tampon nécessiterait un accord du Conseil de sécurité des Nations unies.
De façon générale, le président turc a souhaité que le dialogue et la consultation entre l'UE et la Turquie soient approfondis. Selon le président turc, « il est impossible d'envisager le futur de l'Europe séparé de la Turquie » et l'adhésion de son pays à l'UE continue d'être un « choix stratégique ». « Il faut éviter que des barrières politiques artificielles soient mises au processus d'adhésion et ce processus devrait être dynamisé », a-t-il ajouté. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a, lui, expliqué qu'il était « fortement engagé » dans le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE. (Camille-Cerise Gessant)