Bruxelles, 01/07/2015 (Agence Europe) - Plusieurs personnalités politiques de pays arabes et du Maghreb ont appelé, mardi 30 juin, la communauté internationale, dont l'UE, à faire plus pour eux, en particulier pour les aider dans la lutte contre l'organisation État islamique (EI).
Soulignant que la communauté internationale considère qu'envahir l'Irak avait été une erreur, le dirigeant du 'Free Egyptians Party', Naguib Sawiris, a souligné que celle-ci était « responsable de tout ce désordre ». « C'est de votre responsabilité de réinstaurer la stabilité, puisque vous avez créé le désordre. Dire 'Nous sommes intervenus c'était une erreur donc maintenant on intervient plus', je ne suis pas d'accord (avec ça), vous devez maintenant nous aider », a-t-il expliqué, lors d'une conférence sur le futur du monde arabe, organisée par le réseau des dirigeants arabes pour la liberté et la démocratie.
Pour l'opposant syrien Fawaz Tello, l'EI a gagné du terrain car la stratégie internationale était « erronée », et qu'elle a aidé au renforcement de l'organisation terroriste. « Nous devons nous poser la question de l'approche requise », a-t-il expliqué, rappelant que, quand les Syriens ont commencé à se faire tuer par le régime de Bachar el-Assad, « le monde a regardé », mais n'a rien fait. « L'État islamique est la concrétisation de l'échec de la communauté internationale en Irak et en Syrie, en particulier en Syrie », a-t-il ajouté. « Vous ne pouvez pas rester assis et demander qu'on se débarrasse de Daesh sans lutter contre les causes qui ont créé Daesh », a-t-il précisé. En plus de la non-intervention de la communauté internationale, les intervenants ont expliqué le développement de l'EI par le chômage important des jeunes, ou encore les enjeux géopolitiques des pays voisins.
Pour le président du Mouvement Futur libanais, Ahmed Hariri, « la Ligue arabe devrait jouer un rôle dans la recherche d'une solution et nous aider à pacifier ce chaos ». Il a aussi souligné l'importance de l'UE, qui « connaît notre région beaucoup mieux que les États-Unis ou la Russie ».
De son côté, le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a considéré que l'UE doit participer à la résolution des problèmes au Moyen-Orient, dont le conflit israélo-palestinien, et devait avoir une nouvelle politique de voisinage, « un véritable plan entre l'UE et le monde arabe, appelé ou non plan Marshall ». Pour l'ancien Premier ministre du gouvernement de transition libyen, président de l'Alliance des forces nationales, Mahmoud Jibril, ce n'est pas une question d'assistance, mais d'investissement. « Il faut investir, c'est pour votre sécurité », a-t-il expliqué, avertissant qu'il fallait les « aider à reconstruire le pays, sinon on va tous en payer le prix ». (Camille-Cerise Gessant)