Bruxelles, 01/07/2015 (Agence Europe) - Si la Commission européenne a décidé en mars dernier d'autoriser l'importation en une fois de dix nouveaux OGM destinés à l'alimentation humaine et animale (EUROPE 11302), des ONG environnementales et des organisations spécialisées dans l'éthique des biotechnologies ne l'entendent pas de cette oreille.
Refusant de rester les bras croisés, un collectif de ces ONG a déposé, mercredi 1er juillet, une requête auprès de la Commission européenne afin qu'elle revoie ces décisions d'autorisation pour une variété de colza génétiquement modifiée de Monsanto (le MON 88302 génétiquement modifié pour résister à l'herbicide glyphosate) et trois variétés de soja produites par Monsanto et Pioneer (le MON 87769, le MON 87705 et le DP 3054230) dont la composition de l'huile a été modifiée par manipulation génétique.
C'est la première étape avant un éventuel recours devant la Cour de justice. Avant d'en arriver à ce cas de figure, la Commission européenne disposera d'un délai de douze semaines pour répondre aux plaignants
Préoccupations pour l'environnement. À l'appui de leur plainte, les ONG font valoir que les risques d'une dissémination incontrôlée du colza dans l'environnement n'ont pas été évalués, alors que la réglementation de l'UE exige l'évaluation de ces risques. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), responsable de l'évaluation des risques, a elle-même admis que ces plantes pourraient pousser à l'état sauvage dans l'hypothèse d'une fuite inopinée des graines de colza, mais elle estime que le risque de propagation est faible. Les ONG fournissent une série de publications faisant état de preuves que le colza se propage, après déversement accidentel, le long des trajets de transport, dans les champs et dans les cultures conventionnelles locales.
Préoccupations pour la santé. S'agissant des variétés de soja, les ONG accusent l'EFSA de n'avoir pas évalué le réel impact sur la santé humaine d'une consommation d'huile de soja dont la composition et les effets nutritionnels ont été modifiés. Elles affirment qu'au vu de documents internes de l'EFSA, celle-ci comptait élaborer des lignes directrices pour l'évaluation des risques de plantes dont les propriétés nutritionnelles ont été ainsi modifiées, mais ne les a finalement jamais élaborées.
Le collectif regroupe Friends Of the Earth Allemagne, GeN Gen-ethisches Netzwerk e.V. GeS Gen-ethische Stiftung, GeKKO, Test Biotech, Gene Watch UK, Atktion Gen-Klage, Sambulus e.v). (Aminata Niang)