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Bulletin Quotidien Europe N° 11348
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie/ukraine

Pas de nouvel accord gazier avant la fin de l'été

Bruxelles, 01/07/2015 (Agence Europe) - La Russie, l'Ukraine et l'UE ont échoué à conclure, mardi 30 juin à Vienne, un accord sur l'approvisionnement en gaz russe de l'Ukraine, qui doit relayer le paquet d'hiver 2014/2015 conclu fin octobre 2014, et dont le prolongement depuis mars a de facto expiré le 30 juin.

Au terme d'intenses tractations, le commissaire en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, et son homologue ukrainien, Vladimir Demchyshyn, ont jeté l'éponge mardi. Les trois parties ne sont pas parvenues à boucler un accord sur les fournitures de gaz russe à l'Ukraine pour le prochain hiver, malgré les progrès réalisés au niveau des experts depuis mars.

« Nous aurions espéré rentrer à Bruxelles avec de meilleures nouvelles. Mais aujourd'hui, ce n'est pas la même situation que l'an dernier (lorsque le gazier russe Gazprom avait stoppé ses fournitures à l'Ukraine, en juin 2014, après le non-paiement par le gazier Naftogaz de ses arriérés, ndlr). Nous avons les flux inversés. Les livraisons de gaz à destination de l'Ukraine et celles destinées à l'UE et transitant par l'Ukraine ne sont pas en danger », a expliqué M. Sefcovic devant la presse à Bruxelles, mercredi 1er juillet.

Les trois parties sont convenues de retourner à la table des négociations après la pause estivale. Une réunion au niveau des experts devrait se tenir fin août, avant une réunion ministérielle en septembre.

« Nous avons passé l'hiver sans encombres. Nous voulions rebondir sur l'expérience positive du paquet d'hiver. Si l'on veut garantir la solidité de ce cadre, il est indispensable de se pencher sur les questions des prix, des volumes et de l'assistance financière à l'Ukraine (pour payer sa facture) », a-t-il ajouté.

M. Sefcovic a aussi fait part de la « volonté manifeste de coopérer » de la Russie et de l'Ukraine. Au niveau des experts, « le climat était plutôt optimiste, les problèmes n'étaient pas insurmontables » pour signer un nouveau protocole d'accord gazier, a-t-il expliqué. Il y avait notamment désaccord sur la baisse des accises payées par le gouvernement russe à l'Ukraine pour le transit du gaz vers l'Europe.

Mardi, les parties ont aussi divergé sur la durée du nouveau protocole, la Commission souhaitant qu'il couvre la période allant jusqu'au printemps 2016. Des divergences ont été aussi marquées sur les prix et les mécanismes de fixation des prix. « Nous devrons débattre de ces questions lors de notre prochaine réunion d'experts pour un résultat définitif au niveau politique », a ajouté le commissaire.

En attendant, la Russie et l'Ukraine se sont engagées à assurer le transit fiable du gaz russe destiné à l'UE, a insisté M. Sefcovic, se disant confiant quant au remplissage des capacités de stockage de gaz en Ukraine nécessaires pour assurer le transit continu du gaz russe. « Ces capacités atteignent 12 milliards de m3. Nous aurions besoin de 19 milliards de m3 pour assurer le transit cet hiver. Le remplissage passera soit par les flux inversés, soit par des livraisons russes, soit par l'extraction domestique », a précisé le commissaire.

La Pologne, la Hongrie et la Slovaquie ont été « très coopératives » ces derniers mois pour alimenter l'Ukraine via les flux inversés, a aussi souligné M. Sefcovic, précisant que leur capacité totale de flux gaziers vers l'Ukraine atteint 1,8 milliard de m3 par mois. « Nous avons besoin de trois mois et demi pour arriver à remplir complètement les réserves de stockage », a-t-il conclu. (Emmanuel Hagry)

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