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Bulletin Quotidien Europe N° 11348
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Tous les regards désormais tournés vers le référendum

Bruxelles, 01/07/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'eurozone ont suspendu toute discussion sur un troisième plan d'aide à la Grèce jusqu'à ce que soit connue l'issue du référendum qui se tiendra dimanche 5 juillet. « La principale décision est que, compte tenu de la situation, le rejet des propositions précédentes, la tenue du référendum » et le fait que le gouvernement va faire campagne pour le 'non' aux propositions des institutions, « nous ne voyons pas de terrain pour continuer à parler à ce stade », a indiqué le Président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, dans une déclaration vidéo, mercredi 1er juillet dans la soirée.

Avant lundi, il n'y aura donc plus de discussion à l'Eurogroupe avant l'issue du référendum, ni entre la Grèce et les institutions sur une conditionnalité ou des arrangements financiers, a expliqué M. Dijsselbloem. L'Eurogroupe n'a donc pas mandaté pour le moment la Commission pour mener, avec la BCE, une évaluation de la situation économique et financière de la Grèce, première étape formelle d'une négociation d'un plan d'aide du Mécanisme européen de stabilité. Sans 'oui' au référendum, il sera très difficile d'aller de l'avant à cet égard, reconnait-on au sein de l'eurozone..

Le discours tenu plus tôt par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, n'a pas amélioré la confiance de l'eurozone en la volonté du gouvernement grec de coopérer, a déclaré le ministre finlandais, Alexander Stubb.

Maintien du référendum.

Plus déterminé que jamais, le Premier ministre grec, a maintenu le référendum du 5 juillet sur le paquet de réformes négocié avec les créanciers dans le cadre du plan de sauvetage ayant expiré fin juin, en dépit d'espoirs quant à un possible revirement de situation. Appelant au rejet des propositions sur la table, M. Tsipras pense toujours qu'un 'non' au référendum renforcera la position de négociation de la Grèce en vue d'obtenir un meilleur accord sur un 3ème plan d'aide.

Certains médias ont, par ailleurs, pointé du doigt le fait que les documents contenant les propositions des 'institutions' semblaient avoir été traduits de manière à favoriser un non au référendum.

Exaspération européenne. À l'échelon européen, les marges de flexibilité et de patience semblent épuisées. « L'Europe veut aider la Grèce, mais ne peut aider personne contre sa propre volonté. Attendons les résultats du référendum », a déclaré via Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk. Mercredi devant le Bundestag, la chancelière allemande, Angela Merkel, a également estimé nécessaire d'attendre l'issue du référendum pour envisager l'éventuelle reprise des négociations. « L'accord c'est tout de suite. Attendre l'après-référendum pourrait entraîner un saut dans le vide », a néanmoins craint le président français, François Hollande.

Le gouvernement grec se maintiendra-t-il si le peuple grec contredit la position de M. Tsipras au référendum ? Ce n'est pas clair à ce stade. Ce qui est sûr, c'est que l'Eurogroupe aura du mal à faire confiance à un gouvernement appelé à mettre en oeuvre un paquet de réformes contre lequel il a lui-même milité.

Ultimes requêtes grecques. Dans une lettre datée du mardi 30 juin, le Premier ministre grec a officiellement demandé un plan de sauvetage sur deux ans du Mécanisme européen de stabilité (MES), estimant les besoins financiers grecs à 29,1 milliards d'euros. Sur le contenu de réformes à mettre en oeuvre en contrepartie de l'aide financière, il formulait plusieurs requêtes: - le maintien de la réduction du taux de TVA pour les îles grecques ; - l'application de la réforme des retraites en octobre au lieu de juillet et celle du marché du travail à l'automne.

Mardi, la Grèce n'a pas remboursé 1,6 milliard d'euros au FMI, devenant le premier pays européen faisant l'objet d'un plan de sauvetage dans une telle situation. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a officiellement pris note, mercredi, de ce 'non-paiement' et constaté que la directrice générale du FMI avait informé le conseil d'administration de l'institution de Washington. Le FMI doit examiner la demande des Grecs de repousser ce remboursement au mois de novembre.

Dans cette situation, le FESF peut agir de trois manières différentes: demander le remboursement immédiat de ses prêts, réserver ses droits ou renoncer à ses droits. « La décision de la Commission est de recommander aux États membres de ne pas réagir de façon immédiate » mais d'attendre qu'une décision soit prise pour le prochain plan d'aide, a déclaré le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis.

Selon le commissaire européen, un accord sur un nouveau paquet d'assistance financière est possible avant la prochaine échéance de remboursement de la Grèce. Le 20 juillet, la Grèce doit en effet rembourser 3,5 milliards d'euros à la BCE, faute de quoi celle-ci serait contrainte de renoncer définitivement à l'octroi de liquidités d'urgence au secteur bancaire grec. (Elodie Lamers)

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