Bruxelles, 19/06/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE pourraient décider du lancement de l'opération navale EUNAVFOR Med, lundi 22 juin, lorsqu'ils se réuniront à Luxembourg.
Si cette opération, qui vise à perturber le modèle économique des trafiquants d'êtres humains en Méditerranée, est lancée, cela ne concernera que la première phase de l'opération, qui consiste à la recherche et la collecte d'informations et de renseignements sur les bateaux employés par les trafiquants ou sur ces derniers. Des patrouilles dans les eaux internationales devraient être mises en place ensuite rapidement.
Le processus visant à réunir auprès des États membres les capacités nécessaires (navires, avions de reconnaissance, drones) était toujours en cours vendredi 19 juin. Le plan d'opération et les règles d'engagement viennent d'être approuvés par le comité politique et de sécurité (COPS), vendredi.
Selon un haut fonctionnaire européen, si les ministres décident de lancer l'opération, « il faudra environ une semaine pour que les bâtiments soient déployés en Méditerranée ». Les États membres pourraient, ensuite, décider de lancer progressivement la deuxième phase, qui consiste à arraisonner des bateaux, les saisir et les détourner en haute mer, à condition qu'ils soient sans pavillon ou que le pays du pavillon donne son accord.
Pour entrer pleinement dans la deuxième phase, c'est-à-dire être en mesure d'intervenir dans les eaux territoriales libyennes, et pour la troisième phase, qui consiste à « neutraliser » les bateaux, une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies ou/et un accord des Libyens seront nécessaires.
Pour l'instant, l'UE ne bénéficie ni de l'un, ni de l'autre. Le Conseil de sécurité ne se penchera sur une telle résolution qu'une fois que les autorités libyennes auront donné leur accord pour une telle opération, car la Russie et la Chine souhaitent un tel aval en amont avant de soutenir une résolution. Du côté libyen, le gouvernement internationalement reconnu de Tobrouk souhaiterait attendre la formation d'un gouvernement d'unité nationale pour donner son accord, selon le haut fonctionnaire européen.
Selon une autre source européenne, le lancement des deux dernières phases est espéré avant septembre.
Prolongement des sanctions contre la Russie et déjeuner avec Ban Ki-moon
Pendant le déjeuner, les ministres discuteront avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de la coopération entre l'UE et l'ONU et des crises actuelles en Syrie, en Libye ou encore au Yémen.
Sans débat, et après un accord politique au niveau des ambassadeurs le 17 juin (EUROPE 11337), les ministres devraient prolonger les mesures restrictives économiques envers la Russie jusqu'au 31 janvier 2016.
Les ministres débattront de la situation politique en Ancienne République yougoslave de Macédoine. Le lendemain, les ministres des Affaires européennes en débattront aussi et devraient adopter des conclusions.
Le Conseil de lundi discutera aussi, en présence du vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic, de la diplomatie énergétique et échangera ses points de vue sur un plan d'actions avec des mesures concrètes de politique étrangère pour soutenir la mise en oeuvre de l'Union de l'énergie.
Le Conseil aura aussi un débat sur les relations entre l'UE et l'Asie, en particulier sur la manière d'intensifier l'engagement avec l'Asie et surtout l'ASEAN, et comment tirer parti du partenariat stratégique avec la Chine. Les ministres devraient adopter des conclusions sur la Birmanie et prendre à leur compte les conclusions qui révisent la stratégie européenne pour l'Asie centrale.
Les ministres pourraient aussi adopter des conclusions sur le Liban, pour appeler, une nouvelle fois, les forces politiques à élire un nouveau président. La Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini, va également informer les ministres sur sa visite au Proche-Orient. Un débat plus approfondi devrait avoir lieu lors du Conseil du 20 juillet. Des conclusions sur le Burundi sont aussi attendues.
Le Conseil sera suivi d'une conférence d'adhésion avec le Monténégro et du Conseil de stabilisation et d'association UE-Monténégro qui reviendra sur les progrès accomplis. La conférence pourrait d'ailleurs ouvrir deux nouveaux chapitres de négociations, le chapitre 9 sur les services financiers et le chapitre 21 sur les réseaux trans-européens. (Camille-Cerise Gessant)