Bruxelles, 16/06/2015 (Agence Europe) - Le 13ème rapport conjoint de l'OMC, l'OCDE et l'UNCTAD sur le suivi des mesures commerciales du G20, publié lundi 15 juin, met en exergue une légère décélération dans l'application de nouvelles mesures restrictives aux échanges par les économies du G20, le nombre moyen de ces mesures appliqué par mois étant à son niveau le plus bas depuis 2013.
Depuis la mi-octobre 2014, 119 nouvelles mesures commerciales restrictives ont été mises en place au cours de la période, soit une moyenne de 17 nouvelles mesures par mois. Mais, au cours de cette période, les économies du G20 ont aussi continué à prendre des mesures visant à faciliter les échanges, en introduisant 112 nouvelles mesures, soit une moyenne de 16 mesures par mois.
Malgré cette tendance récente, il n'est pas encore clair que la décélération du nombre de mesures introduites se poursuivra, souligne l'OMC, prônant « une vigilance continue et une détermination renforcée » de la part des pays du G20 afin d'éliminer les restrictions commerciales existantes.
La tendance à long terme reste préoccupante puisque le nombre total des mesures restrictives prises par les économies du G20 depuis 2008 continue de croître. Moins d'un quart des 1 360 restrictions adoptées par les pays du G20 depuis 2008 a été éliminé, laissant le nombre total de mesures restrictives en place à 1 031 à la mi-mai. Par conséquent, malgré l'engagement du G20 de s'abstenir de prendre de nouvelles mesures protectionnistes, leur nombre a augmenté de plus de 7% depuis le dernier rapport publié à l'hiver 2014.
En outre, le contexte économique mondial démontre la nécessité d'agir, souligne l'OMC: selon ses dernières prévisions, à la mi-avril, les échanges mondiaux de marchandises devraient croître de 2,8% en 2014, 3,3% en 2015, puis 4,0% en 2016, mais rester en deçà des moyennes historiques.
Les marchés publics très affectés. Les travaux de l'OCDE ont permis d'identifier 65 mesures mises en oeuvre par les pays du G20 depuis la crise financière, ce qui suggère que les politiques discriminatoires en matière de passation des marchés publics, qui affectent potentiellement 423 milliards de dollars de marchés publics dans les économies qui mettent en oeuvre ces mesures, sont devenues « de plus en plus populaires », déplore en particulier le rapport. (Emmanuel Hagry)