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Bulletin Quotidien Europe N° 11336
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Marine Le Pen réussit à former un groupe politique au Parlement européen

Bruxelles, 16/06/2015 (Agence Europe) - C'est officiel. La constitution du groupe politique 'Europe des Nations et des Libertés' au Parlement européen, formé par une coalition de courants d'extrême-droite, a été confirmée et sa composition annoncée par Marine Le Pen, présidente du parti français d'extrême droite, le Front National (FN), mardi 16 juin à Bruxelles au Parlement européen.

Il aura fallu un peu plus d'un an à Mme Le Pen pour réussir ce qu'elle avait échoué à faire au lendemain des élections européennes de mai 2014, faute d'avoir réuni 25 députés d'au moins 7 nationalités différentes - condition sine qua non pour former un groupe. C'est la raison pour laquelle les 23 députés européens FN siégeaient jusqu'ici au PE comme non-inscrits.

Le groupe d'extrême-droite comptera 36 députés de cinq partis - le FN, le Parti pour la liberté des Pays-Bas(PVV), le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), la Ligue du Nord d'Italie et le Vlaams Belang flamand (Belgique), alliés traditionnels du FN. Avec le ralliement de Janice Atkinson, une britannique exclue en mars dernier du parti UKIP et de deux Polonais du Congrès de la Nouvelle Droite (KNP), deux nouvelles nationalités complètent le dispositif. Le compte est bon désormais.

L'accord de coopération entre ces élus leur permettra de disposer de davantage de personnel, de financements et de temps de parole. Ils espèrent ainsi parvenir à mieux faire entendre leur voix, ce qui a suscité immédiatement des réactions très vives et des inquiétudes.

Rappelant qu'en 2014 le FN avait fait état de son refus de s'allier avec des mouvements dont certains membres étaient jugés infréquentables, Philippe Juvin, de la délégation française du groupe PPE, s'interroge sur ce revirement: « Aujourd'hui, en 2015, les choses semblent bien différentes. On apprend que Marine Le Pen vient de constituer un groupe avec deux parlementaires du KNP, le parti d'extrême droite polonais, dont les "positions" en 2014 étaient pourtant 'incompatibles avec [leurs] valeurs' », ironise-t-il. Et de d'accuser le FN d'avoir « débauché une députée britannique exclue de son groupe UKIP suite à un 'gonflement' de ses notes de frais. ».

Selon le chef de la délégation PS belge au PE, Marc Tarabella, «les partis politiques qui s'allient aujourd'hui n'ont en commun que la haine, n'étant même pas toujours d'accord pour savoir qui haïr. Le parti de l'intolérance sans frontière est né ». Affirmant que «le but du groupe des 'Le Pen et consorts' est la propagation de leur message du rejet de l'autre, de la non-solidarité et, bien sûr, de la destruction de l'Europe », il assure que « nous continuerons à nous battre pour les principes et les valeurs européennes contre les intérêts particuliers qu'ils viennent de l'extérieur ou de l'intérieur du Parlement européen ».

Au sein du groupe Verts/ALE, c'est la consternation. « Marine Le Pen remporte une nouvelle bataille avec la constitution de son nouveau groupe politique disposant des mêmes prérogatives que les autres au sein du Parlement européen. La mécanique du cordon sanitaire a ses failles tout comme l'affichage de simples postures allant de l'indignation au déni (…) Les partis traditionnels ont failli à la promesse fondatrice de l'UE, à savoir celle d'une prospérité durable et partagée », déplore le Belge Philippe Lamberts, président de ce groupe.

L'annonce de la constitution du groupe 'Europe des Nations et des Libertés' a coïncidé avec la réunion annuelle de haut niveau entre la Commission européenne et les responsables religieux sur le thème «Vivre ensemble et surmonter nos différences » (voir autre nouvelle). Invité par la presse à commenter cet événement, le président de la fédération protestante de France, François Clavairoly, a déclaré: « Il peut y avoir des motifs d'inquiétude par rapport à l'Islam et à la laïcité. Cela nous préoccupe en France et va sans doute préoccuper d'autres pays européens ». Même inquiétude chez le grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui. « Les mouvements d'extrême-droite doivent nous inquiéter car il sont tout à fait contraires aux valeurs démocratiques en Europe. Il est important de connaître l'autre », a-t-il dit, en appelant de ses voeux « l'épiphanie de l'autre tel qu'il est et non pas tel qu'on voudrait qu'il soit ». (Aminata Niang)

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