Bruxelles, 01/06/2015 (Agence Europe) - La Tunisie rejette l'idée d'opérations militaires sur la rive sud méditerranéenne, en particulier en Libye, pour détruire les bateaux de passeurs et trafiquants comme le propose l'UE qui multiplie les démarches pour obtenir l'aval de l'ONU (EUROPE 11316 et 11322).
En visite à Bruxelles en fin de semaine dernière (EUROPE 11324), le Premier ministre tunisien, Habib Essid, l'a réaffirmé dans une interview accordée à la radio belge RTBF. La Tunisie est « contre toute intervention militaire pour régler ce problème », lequel « doit être réglé en amont et en aval », a-t-il ajouté. Persuadé que la solution est « autre », M. Essid affirme aussi que dans ses entretiens avec la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, ou avec les autres commissaires, il n'a « jamais été question » d'une opération militaire.
M. Essid « ne pense pas que détruire des bateaux (...) puisse régler les problèmes ». Selon lui, il convient de s'attaquer précisément aux trafiquants qui pratiquent ce commerce des êtres humains, d'essayer de les identifier et de les attraper. Pour faire ce travail, « une très grande collaboration entre tous les intervenants de tous les pays méditerranéens est nécessaire », a-t-il estimé.
Contre l'accueil de migrants en Tunisie. Le Premier ministre tunisien rejette l'idée que la Tunisie puisse accueillir une « partie des migrants », le temps que l'UE étudie leur statut. « C'est une solution que nous rejetons. Nous avons déjà des problèmes avec ceux que nous avons laissé entrer en Tunisie pendant la révolution. Pourquoi faire des centres d'accueil en Tunisie ? On peut les faire en Europe, non ? », a indiqué M. Essid. Qui souligne: « En haute mer, nous sommes obligés d'assister les bateaux en détresse. Nous ramenons ceux que nous secourons chez nous. On ne demande jamais aux autres de nous aider à trouver une solution ». Seule exception, selon le dirigeant tunisien, les Syriens qui sont de « vrais réfugiés politiques ». « La situation politique est telle qu'ils ne peuvent pas vivre chez eux. La communauté internationale est obligée de les assister pour leur éviter une mort certaine », a estimé M. Essid. (Fathi B'Chir)