Strasbourg, 01/06/2015 (Agence Europe) - Ouverte à la signature en 2005 lors du Sommet de Varsovie, la Convention du Conseil de l'Europe (COE) contre la traite des êtres humains a été signée par la Hongrie en 2007 et ratifiée le 4 avril 2013. C'est dans ce cadre que les quinze membres du Groupe d'experts sur la lutte contre la traite des être humains (GRETA) du Conseil de l'Europe ont effectué une première visite dans ce pays, visite qui a fait l'objet d'un rapport publié vendredi 29 mai.
Des points positifs y sont actés, tels que l'adoption d'une législation pénalisant la traite des êtres humains ainsi que deux stratégies nationales assorties de mesures de coordination.
Cependant, le rapport souligne que manquent encore les ressources suffisantes pour atteindre les buts fixés par ces stratégies et assurer pleinement l'implication de la société civile dans cette politique.
Des mesures socio-économiques favorisant l'autonomie des groupes vulnérables - en particulier les Roms - sont également préconisées, de même que des actions s'attaquant aux causes de la traite aux fins d'exploitation sexuelle.
Si le GRETA salue la création d'un mécanisme national visant à améliorer l'identification des victimes de la traite, il réclame toutefois des mesures supplémentaires afin d'assurer tant sa bonne application, que la mise en place de mesures d'assistance et l'assurance de mesures d'indemnisation de la part des auteurs d'infractions.
Par ailleurs, est-il souligné, les autorités hongroises devraient s'impliquer davantage dans l'identification des victimes parmi les migrants irréguliers, les demandeurs d'asile et les mineurs étrangers non accompagnés.
Le rapport met également en exergue le rôle actif des autorités hongroises dans des enquêtes internationales liées à des questions de traite des êtres humains, mais s'inquiète du nombre relativement peu élevé de condamnations ainsi que du niveau de sanctions imposé dans ce pays. Il en appelle dès lors les autorités à veiller à ce que ces affaires fassent l'objet d'enquêtes et de poursuites efficaces menant à des sanctions proportionnées et dissuasives.
Sur la base de ce rapport du GRETA et des commentaires des autorités hongroises, le Comité des Parties à la Convention envisagera l'adoption d'une série de recommandations à adresser au gouvernement hongrois.
42 États membres du COE ont ratifié la Convention contre la traite des êtres humains, soit: l'Albanie, Andorre, l'Arménie, l'Autriche, l'Azerbaïdjan, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, la France, la Géorgie, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Islande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la République de Moldova, le Monténégro, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, Saint-Marin, la Serbie, la République slovaque, la Slovénie, l'Espagne, la Suède, la Suisse, l' ex-République yougoslave de Macédoine, l'Ukraine et le Royaume-Uni. Le Belarus a été le premier État non membre du COE à adhérer à la Convention le 26 novembre 2013. La Turquie a quant à elle signé la Convention mais ne l'a pas encore ratifiée. (Véronique Leblanc)