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Bulletin Quotidien Europe N° 11325
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

« large consensus » au sein du Groupe de Bruxelles

Bruxelles, 01/06/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé, lundi 1er juin, qu'il y avait au sein du groupe de Bruxelles (autorités grecques, Commission, BCE, FMI) un « large consensus sur ce qui doit être fait en Grèce » et quelle direction devaient prendre les discussions techniques afin de boucler la dernière mission de suivi du programme actuel. Ces commentaires interviennent au lendemain d'une tribune au vitriol publiée par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, dans le quotidien français Le Monde.

« Si nous ne sommes pas encore arrivés à un accord avec nos partenaires, ce n'est pas à cause de notre intransigeance ou de positions incompréhensibles. Ce serait plutôt à cause de l'obsession de certains représentants institutionnels qui insistent sur des solutions déraisonnables en se montrant indifférents à l'égard du résultat démocratique des récentes élections législatives en Grèce ainsi qu'à l'égard des positions d'institutions européennes et internationales qui se disent prêtes à faire preuve de flexibilité pour respecter le verdict des urnes », écrit M. Tsipras, qui voit là une volonté « de certains représentants institutionnels de couvrir l'échec de leur programme et d'obtenir en quelque sorte une confirmation de celui-ci ».

« Ce qui compte maintenant, c'est l'unité », a déclaré, pour la Commission européenne, Mina Andreeva, porte-parole. La Commission européenne n'a pas voulu commenter davantage, ajoutant tout de même que ce qui comptait, plus que les tribunes, étaient les propositions de réformes concrètes. La Commission a déjà dit par le passé qu'il était inutile d'essayer de diviser les trois institutions. Elles sont « main dans la main » en ce qui concerne les discussions en cours, a dit Mme Andreeva.

Des discussions intenses se sont tenues pendant le week-end entre les membres du groupe de Bruxelles et les contacts se poursuivent, a expliqué Mme Andreeva.

Les plus gros points de blocage restent les réformes du marché du travail et des pensions. Sur ce dernier point, M. Tsipras estime dans les colonnes du Monde que la position de son gouvernement est « argumentée et logique ». Il explique qu'actuellement 44,5% des retraités reçoivent une retraire inférieure au seuil de pauvreté relative.

M. Tsipras s'est entretenu par téléphone avec le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Les deux dirigeants devaient rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lundi soir. Si le dossier grec ne figurait pas à l'agenda officiel, il y avait de fortes chances qu'il s'y invite tout de même.

Lundi dans la journée, le quotidien grec Naftemporiki évoquait la possibilité d'un accord temporaire imminent. La Commission, de même que l'Eurogroupe, a toutefois souvent répété qu'il fallait un accord complet ('comprehensive deal'). Si le mois qui reste (le plan d'aide expire le 30 juin) doit également être utilisé pour s'accorder sur l'arrangement de suivi ('follow-up arrangement'), la Commission exclut pour l'heure une nouvelle extension du programme actuel. « L'option réaliste est d'utiliser les jours prochains pour aller plus vite », a déclaré Jean-Claude Juncker, au journal allemand Suddeutsche Zeitung. Il a par ailleurs également exclu d'avancer sans le FMI, dépeint parfois comme le plus intransigeant dans les discussions. Il a rappelé l'importance de la participation du FMI pour l'Allemagne et estimé que les plans d'aide ne fonctionneraient pas entièrement sans le FMI. La nature d'une participation du FMI dans le futur dépendra des discussions en cours, a-t-il expliqué.

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a nommé, dimanche 31 mai, l'ex-députée socialiste Elena Panariti comme représentante de la Grèce au sein du FMI. Celle-ci a refusé l'offre lundi dans la journée devant la gronde qui s'est levée du côté des députés Syriza. Mme Panaritis avait participé dans le passé aux négociations avec les créanciers aux côtés du précédent gouvernement. « Une personnalité qui représente la politique du mémorandum ne peut pas représenter l'actuel gouvernement, dont les principes et les valeurs sont totalement différents », ont déploré une quarantaine de députés dans la lettre ouverte publiée dimanche soir par l'Agence de presse grecque Ana. (Elodie Lamer)

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