Bruxelles, 29/05/2015 (Agence Europe) - Le bureau de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) a formalisé, jeudi 28 mai à Bruxelles, son avis sur la révision de la Politique de voisinage (PEV) et a amorcé la préparation de sa session plénière, en janvier 2016 à Nicosie. Le commissaire en charge de ce dossier, Johannes Hahn, invité, a livré un point de vue critique sur cette politique que la Commission s'apprête d'ailleurs à réviser. Les membres de l'ARLEM insistent sur la nécessité d'une prise en compte plus marquée du rôle des autorités régionales et locales (ALR), avec l'idée de créer des « macro-régions » impliquant des actions communes dans des territoires de part et d'autre de la Méditerranée.
Ouvrant les débats, le co-président de l'ARLEM et président du Comité des régions (CdR), Markku Markkula, a estimé que « la politique européenne de voisinage devrait davantage mettre l'accent sur les priorités stratégiques: la gouvernance démocratique et notamment la décentralisation, et le développement territorial durable ». Il souligne aussi le besoin de « complémentarité » entre la PEV et la mission assignée à l'Union pour la Méditerranée (UpM) par la Commission européenne.
M. Markkula a plaidé pour « de plus grandes synergies avec la politique européenne de développement et l'agenda en matière de migration, ainsi qu'avec les autres politiques structurelles et les instruments financiers ». Elles « peuvent apporter une valeur ajoutée considérable» », a-t-il indiqué.
Il a également réitéré l'appel lancé par l'ARLEM pour le renforcement des capacités des ALR. Il faut, a-t-il dit, «permettre aux administrations publiques à l'échelon local de mettre en oeuvre des réformes, par l'intermédiaire d'exercices de formation et des mécanismes de l'UE visant à améliorer le renforcement des capacités, notamment un instrument pour l'administration locale réformée».
Les deux co-présidents de l'ARLEM, M. Markkula et Hani Abdelmasih al-Hayek, maire de Beït Sahour (Palestine), ont remercié M. Hahn et Mme Mogherini, la Haute Représentante de l'UE pour la Politique extérieure, pour leur attention portée à la « dimension régionale » des relations avec la Méditerranée, jugée trop négligée par la Commission précédente. M. Hahn a d'ailleurs rappelé sa proximité avec le dossier des politiques régionales dont il était chargé durant le mandat écoulé. Le commissaire a partagé l'avis que « la coopération transfrontalière est une nécessité, surtout en Méditerranée ».
Il a souligné le devoir de resserrer les liens plus fortement dans cette région du monde, car « nous recherchons la stabilité pour nous-mêmes et pour nos voisins » et c'est un « intérêt commun ». Il a aussi souligné le devoir d'y impliquer les sociétés civiles et les autorités locales. Cela permettra de « tisser des liens qui feront mieux prendre conscience aux populations des bienfaits de notre action » commune. Le commissaire propose que les solutions à concevoir pour dynamiser cette politique soient du « sur-mesure », en proposant aussi une « simplification institutionnelle » pour éviter la multiplication constatée des structures et organisations dans l'espace euro-méditerranéen.
La dynamisation des échanges est aussi, selon lui, une action à promouvoir. Dans le bloc de quarante-trois pays membres de l'UpM, dont les vingt-huit de l'UE, les échanges demeurent insignifiants. « Entre les quatorze non-EU, ces échanges ne dépassent pas les 2 à 3% » de leur commerce extérieur global. Dans l'ensemble, il propose que l'on aille de plus en plus vers des « projets concrets », des « réunions périodiques » d'examen de tels projets, et que l'on montre l'impact de ces politiques basées sur un dialogue régulier avec les ALR et sur des synergies entre elles. (Fathi B'Chir)