Bruxelles, 29/05/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Recherche ont adopté, vendredi 29 mai, la feuille de route qui vise à guider les États membres dans la poursuite de la mise en oeuvre de l'espace européen de la recherche (EER) pour les années 2015-2020.
Les États membres s'approprient l'EER 15 ans après son lancement officiel, mais cette feuille de route ne représente « rien de nouveau sous le soleil », a réagi la Ligue européenne des universités de recherche (LERU).
Cette feuille de route identifie huit actions prioritaires qui devraient être intégrées dans les stratégies nationales d'ici mi-2016 et réalisées d'ici 2020. Pour la Présidence lettone du Conseil et la Commission européenne, il s'agit aujourd'hui d'un « nouveau chapitre » dans l'histoire de l'EER censé rendre enfin ce projet « pleinement opérationnel », alors que l'idée avait émergé dès le milieu des années 1970, comme l'a rappelé la ministre lettone de l'Éducation et des Sciences, Marite Seile, à l'issue du Conseil Compétitivité.
Si les conclusions qui ont été adoptées indiquent que ces actions prioritaires doivent être poursuivies par tous, elles spécifient néanmoins que « les systèmes nationaux de recherche et d'innovation à travers l'Europe ont des caractéristiques différentes et des spécificités, et qu'il appartient aux États membres de décider des approches les plus adaptées à leurs systèmes ».
Cette approche volontaire dans la réalisation de l'EER satisfait tout le monde sauf Vienne, qui a souligné, au cours de la réunion, que disposer d'objectifs plus contraignants aurait été une meilleure garantie d'une mise en oeuvre complète de la feuille de route. C'est une opinion similaire qu'a affichée le commissaire à la Recherche, Carlos Moedas. Il a en effet annoncé, sans que cela soit acté dans les conclusions du Conseil, qu'une conférence sera organisée en juin 2016, afin que les États membres aient l'occasion de présenter des stratégies nationales censées refléter l'ensemble des priorités de l'EER. Afin d'évaluer la mise en oeuvre de la feuille de route, le Conseil a chargé le Comité de l'Espace européen de la recherche et de l'innovation (CEER) de proposer, avant la fin de 2015, une série d'indicateurs clés.
Les huit actions prioritaires, qui sont censées avoir « le plus grand impact sur la recherche et l'innovation en Europe », sont les suivantes: - renforcer l'évaluation des politiques menées en matière de recherche et d'innovation et rechercher des complémentarités entre les instruments existant au niveau de l'UE et au niveau national ; - améliorer la concordance dans le cadre du processus de programmation conjointe et des initiatives qui en découlent ; - faire un usage optimal des investissements publics dans les infrastructures de recherche, en fixant des priorités au niveau national qui soient compatibles avec les priorités et les critères définis par le Forum stratégique européen pour les infrastructures de recherche (ESFRI) ; - recourir à des pratiques de recrutement ouvertes, transparentes et fondées sur le mérite pour pourvoir les postes de chercheurs ; - corriger les déséquilibres entre hommes et femmes dans les instituts de recherche et les organes de décision ; - optimiser la diffusion, l'utilisation et l'exploitation des résultats scientifiques ; - favoriser le libre accès aux publications scientifiques ; - favoriser la coopération internationale. (Jan Kordys)