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Bulletin Quotidien Europe N° 11276
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

L'UE et la Turquie lancent un dialogue stratégique

Bruxelles, 17/03/2015 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, et le ministre turc de l'Énergie, Tanez Yildiz, ont donné le coup d'envoi, lundi 16 mars à Kars (est de la Turquie), à un nouveau dialogue de haut niveau sur l'énergie entre l'UE et la Turquie. Kars était l'hôte, mardi 17 mars, de l'inauguration du chantier de construction du gazoduc Transanatolien, le TANAP, élément clé du projet paneuropéen de Corridor gazier sud.

« La Turquie est un pont énergétique naturel et une plateforme énergétique entre, d'un côté, les sources d'énergie du Moyen-Orient et de la région de la mer Caspienne et, de l'autre côté, les marchés européens. Le développement de la Turquie en tant que plateforme énergétique sera au bénéfice de l'UE et de la Turquie », souligne une déclaration conjointe adoptée lundi, et qui jette les bases du nouveau dialogue énergétique stratégique UE/Turquie. « En tant que pays candidat engagé dans des négociations d'adhésion à l'UE et en tant que contributeur à la sécurité énergétique de l'UE, la Turquie a fait un progrès important dans l'alignement de sa législation sur l'acquis communautaire. L'examen de la législation turque au regard de l'acquis communautaire en matière d'énergie est achevé. À cet égard, les deux parties ont accepté d'améliorer la coopération et leur dialogue politique dans le secteur de l'énergie », ajoute la déclaration.

MM. Sefcovic et Yildiz ont donc convenu lundi de tenir ce dialogue au niveau ministériel sur une base régulière, au moins une fois par an. Ce dialogue inclura tous les secteurs de l'énergie pertinents, tels que le gaz, l'électricité, le nucléaire, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'action climatique, en particulier en vue de la préparation à la conférence onusienne sur le climat (COP21), en décembre à Paris. Dans le cadre de ce dialogue, une nouvelle réunion ministérielle sera programmée avant la fin de l'année, entre M. Yildiz et le commissaire européen au Climat et à l'Énergie, Miguel Arias Canete. Le dialogue sera soutenu par les échanges réguliers au niveau du groupe de travail initié en 2012.

Le lancement de ce dialogue de haut niveau confirme l'engagement de la Commission consistant à établir des partenariats énergétiques stratégiques avec les pays producteurs et de transit de plus en plus importants, tel que le prévoit son cadre-stratégique pour l'Union de l'énergie, adoptée le 25 février, ajoute la déclaration.

Afin de renforcer leur sécurité d'approvisionnement, l'UE et la Turquie s'engagent à promouvoir le développement du Corridor gazier Sud et à coopérer pour mettre en oeuvre le gazoduc TANAP.

Lancement du chantier TANAP. Dans ce contexte, le vice-président Sefcovic a inauguré mardi, aux côtés du président turc, Recep Tayyip Erdogan, et du président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, l'ouverture du chantier de construction du gazoduc TANAP sur le site de Selim, près de Kars.

Le TANAP est une des infrastructures clés du projet de Corridor gazier sud, qui doit permettre d'acheminer du gaz du gisement azéri de Shah Deniz, en mer Caspienne, vers le marché européen. Il reliera, sur 1 850 kilomètres, la frontière turque avec la Géorgie et la frontière turque avec la Grèce, en traversant toute l'Anatolie. Il sera relié, à l'est, au gazoduc Sud Caucase (SCP), qui traversera l'Azerbaïdjan et la Géorgie, et, à l'ouest, au gazoduc TransAdriatique (TAP), qui traversera la Grèce, l'Albanie et l'Italie.

La capacité initiale du TANAP, qui doit être opérationnel en 2018, sera de 16 milliards de m3 par an (dont 10 milliards de m3 destinés à l'UE et 6 milliards de m3 destinés à la Turquie). Elle doit être portée à 23 milliards de m3 en 2023 puis à 31 milliards de m3 en 2026.

Le consortium en charge de l'ouvrage est détenu à 58% par le gazier azéri Socar, à 30% par le gazier turc Botas et à 12% par le pétrolier britannique BP. Le coût du projet s'élèverait à 10 milliards d'euros.

Soutenu de longue date par la Commission, le TANAP permettrait à terme de satisfaire 20% des besoins de l'UE en gaz, selon la Commission.

Le lancement du chantier TANAP intervient trois mois après l'abandon, par la Russie, de son projet de gazoduc South Stream, qui devait relier la Russie et la Bulgarie sous la mer Noire, en contournant l'Ukraine. Depuis cette décision, la Russie et la Turquie travaillent sur un nouveau projet de gazoduc, le Turkish Stream, qui reliera les deux pays sous la mer Noire, pour acheminer du gaz russe vers les marchés turc et européen. Le ministre Yildiz a précisé lundi que ce projet ne serait pas un concurrent du TANAP. (Emmanuel Hagry)

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