Bruxelles, 17/03/2015 (Agence Europe) - Les Européens se sont montrés divisés, le 16 mars, quant à l'opportunité de mener des négociations avec Bachar el Assad pour trouver une solution à la crise syrienne, alors que le secrétaire d'État américain, John Kerry, avait admis, la veille, qu'il faudrait négocier avec le régime syrien pour mettre fin au conflit.
« La position européenne est claire et n'a pas changé », a expliqué la Haute Représentante, Federica Mogherini, précisant que travailler à une solution durable au conflit syrien passait « évidemment » par des représentants du régime d'Assad. « J'imagine que M. Kerry s'est exprimé dans ce sens. Je ne pense pas qu'il faisait référence à M. al-Assad lui-même », a-t-elle expliqué.
Le ministre français s'est montré totalement opposé à de telles discussions. « La solution, c'est une transition politique qui doit préserver les institutions du régime, pas M. Bachar al-Assad, et intégrer l'opposition, (…) c'est la seule solution réaliste », a expliqué M. Fabius. « Toute autre solution qui remettrait en selle M. al-Assad serait un cadeau absolument scandaleux, gigantesque aux terroristes de Daesh », a-t-il ajouté, expliquant que les millions de Syriens persécutés par le régime syrien finiraient par soutenir Daesh. Il a précisé avoir discuté avec M. Kerry qui lui a assuré qu'il n'y avait rien de nouveau dans la position américaine.
L'Espagnol, José Manuel García-Margallo a lui considéré que « le régime de Bachar al-Assad, même Bachar al-Assad, devrait faire partie de la négociation, bien que ne faisant pas partie de la solution ». « Faire partie de la négociation est une chose, faire partie de la solution en est une autre », a-t-il expliqué.
M. Kerry avait expliqué à la télévision américaine qu'« au final nous devrons négocier » avec al-Assad « s'il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d'appliquer (le processus de paix de) Genève I », a-t-il ajouté. Selon une porte-parole du département d'État américain, il n'y a eu aucune modification de la position américaine et pas d'avenir pour al-Assad en Syrie. (Camille-Cerise Gessant)