Bruxelles, 17/03/2015 (Agence Europe) - Lors du Conseil Agriculture, après le débat sur la situation du marché du lait (EUROPE 11275), le commissaire européen Phil Hogan a indiqué que la Commission européenne travaillait avec la Banque européenne d'investissement (BEI) en vue de favoriser des investissements spécifiques en faveur du secteur agricole.
Parmi ces investissements figure une ligne spécifique pour la restructuration de la production laitière dans le contexte post-quotas de production. Les quotas expirent le 31 mars.
Pour compléter la position des pays, signalons que lors du Conseil, le Portugal s'est prononcé contre la disparition des quotas laitiers. Les mesures prises actuellement sont insuffisantes, selon cette délégation, qui a cité le problème des régions défavorisées lorsque les quotas ne seront plus là. Le Danemark a fait montre au contraire de beaucoup d'optimisme après la fin des quotas laitiers et souligné que des outils existent pour gérer les crises.
L'European Milk Board (EMB) prévoit d'organiser, mardi 31 mars devant les bâtiments du Parlement européen, une « action symbolique et imagée ». Pour l'EMB, la fin des quotas aura pour conséquence d'affaiblir encore davantage la position des producteurs européens sur le marché. « Sans instruments permettant de prévenir des crises du marché laitier - tel que le Programme de responsabilisation face au marché (PRM) élaboré par l'EMB - les producteurs sombreront dans les vagues de lait excédentaire, pendant que les multinationales de l'agroalimentaire prendront les commandes », explique l'EMB dans un communiqué.
Le Copa-Cogeca veut des compensations aux superprélèvements
Lundi 16 mars, dans un communiqué de presse, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives de l'UE) indique avoir demandé des mesures pour compenser « l'impact des superprélèvements [pour dépassement de quota] chez les producteurs laitiers de l'Union européenne ». Albert Jan Maat, le président du Copa, revient également sur les mesures adoptées récemment par la Commission européenne concernant le secteur laitier. « Nous demandons aux États membres d'accorder à leurs producteurs l'opportunité de régler les superprélèvements sur une période plus longue que celle stipulée dans la décision récente de l'Union européenne. Je suis déçu que le taux correctif de matière grasse n'ait pas été ajusté », dit-il. Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa-Cogeca, insiste sur la nécessité de défendre « les normes européennes de production. Une position beaucoup plus ferme est vitale dans les discussions avec les États-Unis et le Japon. Ouvrir ces marchés sera crucial pour compenser les effets de la crise russe. Mais cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Nos partenaires commerciaux ne font pas grand-chose pour réduire les contraintes administratives et lever les obstacles qui bloquent nos exportations », note-il. (Lionel Changeur)