Bruxelles, 25/02/2015 (Agence Europe) - Plus qu'un catalogue à la Prévert, la feuille de route pour Paris, dévoilée mercredi 25 février par la Commission comme élément du cadre stratégique pour l'Union de l'énergie, est, de l'avis de Miguel Arias Canete, commissaire européen à l'Action pour le climat, une vision et « une stratégie pour obtenir un accord climatique mondial ambitieux à Paris », lors de la conférence onusienne (COP 21) en décembre prochain (EUROPE 11261).
Par accord ambitieux, il faut entendre « un accord qui inclue un objectif à long terme d'une réduction de 60% des émissions mondiales à l'horizon 2050, un accord juridiquement contraignant, transparent, avec un processus de vérification des engagements et une révision quinquennale » , a déclaré le commissaire, en résumant devant la presse européenne ce que vise la Commission pour l'ensemble des parties aux négociations, dans sa communication intitulée « Le Protocole de Paris - un document pour s'attaquer au changement climatique mondial au-delà de 2020 »
Avec une réduction de 40% de ses émissions à l'horizon 2030 par rapport à 1990 - offre de contribution à l'effort mondial qu'elle compte soumettre avant le 31 mars 2015 -, « l'UE ouvre la voie », a estimé M. Canete. « Je veux que la protection du climat soit au coeur de la transition vers la décarbonisation de l'économie », a-t-il martelé, annonçant qu'une réforme de l'ETS après 2020 sera présentée cet été et, qu'au début du mois de juin, il organisera une grande conférence sur la décarbonisation du transport.
Le vice-président Maros Sefcovic a assuré que « l'Union européenne de l'énergie contribuera à la politique climatique de l'UE qui est la plus ambitieuse au monde ».
Déception. Déçus, les Verts/ALE au Parlement sont d'un tout autre avis. Selon eux, la vision proposée à l'UE en amont de « la conférence cruciale de Paris » manque cruellement d'ambition. « Cette communication est totalement en dehors des clous de l'objectif primordial de contenir le réchauffement en dessous de 2 degrés Celsius et de prévenir un changement climatique dangereux. La Commission ne fait qu'énoncer et accepter que la conférence de Paris ne pourra pas conduire à un accord compatible avec cet objectif», a déclaré Jannick Jadot, (Verts/ALE, français) porte-parole du groupe pour les négociations climatiques.
Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) estime qu'ajouter un objectif à long terme « sorti de nulle part » n'autorise pas la Commission à abandonner l'objectif des 2 degrés Celsius. L'ONG Friends of the Earth Europe (BEE) juge « frustrant que la Commission affirme prendre le changement climatique au sérieux, alors que ses mesures sont inaptes à transformer le système énergétique de l'Europe et qu'une réduction de 40% des émissions de l'UE se fonde sur des données scientifiques dépassées ». (Aminata Niang)