login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11262
Sommaire Publication complète Par article 11 / 25
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) biocarburants

Les députés veulent encourager des biocarburants plus durables

Bruxelles, 25/02/2015 (Agence Europe) - Un pas a été fait, mardi 24 février à Bruxelles, pour orienter l'UE vers une politique de biocarburants plus durables tant pour les pays en développement que pour le climat.

La commission de l'environnement du Parlement européen a soutenu, à une large majorité (39 voix pour, 26 contre et 4 abstentions), le projet de directive visant à plafonner, à l'horizon 2020, l'utilisation des agro-carburants dans les transports, à accélérer la production de biocarburants avancés qui n'entrent pas en concurrence avec la production alimentaire, et à prendre en compte le facteur ILUC (sigle anglais pour changements indirects d'affection des sols) pour comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de ces biocarburants de première génération (EUROPE 11256).

Par leur vote, les députés se sont montrés plus ambitieux que le Conseil, à la grande satisfaction des ONG de développement et de l'environnement.

Alors que la législation actuelle contraint les États membres à veiller à ce que les énergies renouvelables représentent au moins 10% de la consommation énergétique dans les transports à l'horizon 2020, les députés souhaitent limiter la part des biocarburants de première génération à 6% de la consommation énergétique finale dans les transports (le Conseil, lui, voulait limiter la part de ces agro-carburants à 7%, tandis que la proposition initiale prévoyait un plafonnement à 5%).

Pour promouvoir les biocarburants produits à partir d'algues ou de certains types de déchets, ils souhaitent que ces biocarburants avancés représentent au moins 1,25 % de la consommation énergétique dans les transports d'ici à 2020.

Le rapporteur Nils Torvalds (ADLE, finlandais) a reçu mandat d'ouvrir les négociations avec le Conseil pour tenter de parvenir à un accord en deuxième lecture sur ce projet de directive qui vise à modifier la directive 2009/28/CE, dite 'Énergies renouvelables', et la directive 98/70/CE sur la qualité des carburants essence et diesel.

« Ce dossier a représenté un défi énorme. Il est compliqué d'un point de vue technique et technologique. J'espère que nous parviendrons à un résultat satisfaisant lors des trilogues », a déclaré M.Torvalds, très satisfait.

Pour certains députés, ce vote n'est pas réaliste. Angélique Delahaye (PPE, française) a déploré que « le Parlement européen souhaite imposer aux États membres un niveau beaucoup trop élevé de nouvelles générations de biocarburant dans l'objectif de 10% d'énergie renouvelable dans les transports ».

Les ONG sont ravies. L'ONG de développement ActionAid, en revanche, salue ce vote comme « une amélioration du texte faible adopté par le Conseil ». Elle invite le rapporteur « à placer la barre haut dans les négociations en trilogue pour que soit mis un terme aux impacts négatifs de la politique actuelle sur les pays vivant dans la pauvreté dans le monde ». Oxfam est sur la même ligne, car le recours aux terres agricoles pour la culture de biocarburants réduit la surface disponible pour les cultures alimentaires. Le Bureau européen de l'environnement (BEE) salue, lui aussi, « la claire reconnaissance du tort causé par certains biocarburants et du fait que les émissions issues du changement indirect d'affectation des sols ne peuvent plus être ignorées ». (Aminata Niang)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES- ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL