Bruxelles, 25/02/2015 (Agence Europe) - Les récentes négociations marathon sur le plan de sauvetage grec n'ont pas fait changer d'avis le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, sur sa fonction. Selon lui, le pilotage de cet organe informel doit continuer d'être assuré par un ministre.
« Il s'agit d'être un médiateur. L'Eurogroupe est un groupe informel de ministres, il ne serait pas logique que ce soit la Commission européenne qui préside cette réunion. Le fait que ce soit un ministre, c'est un avantage car il vit une situation identique », a déclaré le ministre des Finances néerlandais, répondant, mardi 24 février à une question de Tom Vandenkendelaere (PPE, belge), lors d'un dialogue économique avec la commission des affaires économiques et monétaires' du PE. Il a reconnu qu'il avait été « difficile » de combiner la présidence de l'Eurogroupe et sa tâche de ministre lors des récentes péripéties du plan de sauvetage grec qui ont contraint l'Eurogroupe à se réunir 4 fois en 2 semaines avec en plus des négociations en marge du Conseil européen. Des circonstances d'une intensité qu'il n'avait vécue qu'une fois auparavant, lors des négociations du plan de sauvetage chypriote au printemps 2013. Mais M. Dijsselbloem n'a pas exclu que l'arrivée à échéance de son mandat, cet été, soit « peut-être le moment de réévaluer le rôle de la présidence de l'Eurogroupe ».
Exerçant une pression intense, l'Espagne veut récupérer la présidence de l'Eurogroupe, une requête que l'Allemagne soutient (EUROPE 11141). Or, des élections législatives auront lieu en Espagne à l'automne. Un mauvais résultat du Partido popular actuellement au pouvoir lors de cette échéance électorale pourrait avoir des répercussions sur la désignation du futur président de l'Eurogroupe. Nommer le ministre espagnol, M. De Guindos, à une fonction destinée à être pérennisée lui permettrait d'exercer un tel mandat indépendamment du résultat des élections législatives.
Sur la politique budgétaire et macro-économique en zone euro, M. Dijsselbloem a estimé que les circonstances actuelles (chute des prix de l'énergie, politique monétaire accommodante) ne devaient pas être une excuse pour stopper les réformes. Selon lui, les plus grands défis des pays de l'Eurozone sont les suivants: rendre les marchés du travail plus efficients, les marchés de produits et services plus compétitifs, façonner un climat propice à l'investissement et transférer la charge fiscale du travail vers la fiscalité indirecte.
Le président de l'Eurogroupe a vu d'un bon oeil la communication de la Commission européenne interprétant la flexibilité inscrite dans le Pacte de stabilité et de croissance (EUROPE 11229). Ce texte est « très intéressant, en tout cas pour les pays hors procédure pour déficit excessif », dans la mesure où il établit « un lien entre réformes structurelles et impact positif de ces réformes sur le budget », a-t-il considéré, citant comme exemple de réformes bienvenues celles des « retraites et des soins de santé ». (Mathieu Bion)