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Bulletin Quotidien Europe N° 11262
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Menace de nouvelles sanctions si Minsk 2 n'est pas mis en place

Bruxelles, 25/02/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, a demandé, mardi 24 février, la mise en oeuvre « de toute urgence » de l'accord de Minsk II par la Russie et les séparatistes, et a brandi la menace de nouvelles sanctions.

« Nous serons fermes dans notre action contre la violence et serons prêts à prendre les mesures appropriées en cas de combats et d'autres violations des accords de Minsk », a-t-elle prévenu lors d'une conférence à Londres. « La violence n'est pas encore terminée. La Russie et les séparatistes doivent mettre en oeuvre de toute urgence l'accord de Minsk. Ils doivent commencer par le respect du cessez-le-feu et le retrait de leurs armes », a-t-elle souligné.

Le 25 février, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a expliqué qu'une attaque à Marioupol entraînerait de nouvelles sanctions. « On l'a dit clairement aux Russes, s'il y avait une attaque des séparatistes en direction de Marioupol, les choses seraient complètement bouleversées en termes de sanctions », a-t-il prévenu. « À ce moment-là, cela signifierait qu'au niveau européen la question des sanctions serait reposée », a-t-il ajouté.

Lors d'une conversation téléphonique le 24 férvrier, Mme Mogherini et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ont discuté de la nécessité de coordonner les efforts en cours pour soutenir la mise en oeuvre de l'accord de Minsk et en particulier le renforcement de la mission de surveillance spéciale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Mme Mogherini a expliqué que l'UE travaillait « maintenant » en vu d'augmenter son soutien à la mission, afin qu'elle puisse jouer pleinement son rôle sur le terrain. « Nous travaillons avec notre délégation à Kiev et tous nos services pour renforcer l'OSCE en vue de son rôle de surveillance élargi », a-t-elle précisé. L'UE fournit déjà un soutien pratique et financier substantiel à la mission de l'OSCE. Réunis à Paris le 24 février, les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français ont demandé un renforcement de la mission de l'OSCE (EUROPE 11261).

Renforcement de la coopération entre le Parlement européen et la Verkhovna Rada

Par ailleurs, lors de l'ouverture de la première réunion de la commission d'association parlementaire UE-Ukraine le 24 février, le président du Parlement européen (PE), Martin Schulz, a annoncé le renforcement de la coopération entre son institution et le parlement ukrainien, la Verkhovna Rada. « Notre coopération et notre travail commun se développent sur un socle fort », a-t-il expliqué. M. Schulz a annoncé s'être mis d'accord avec son homologue ukrainien, Volodymyr Groysman, pour la mise en oeuvre d'un programme de renforcement des capacités. « Les deux parties devraient approfondir leur coopération technique et d'infrastructures dans les prochains mois », a expliqué le président du PE. M. Groysman a fait des propositions concrètes, telles que des stages, du renforcement de la capacité dans les commissions, les groupes parlementaires, groupes d'élaboration des lois, dans le développement des infrastructures du parlement. « Nous devrions faire le maximum pour fournir au parlement ukrainien notre connaissance, nos capacités », a ajouté M. Schulz, précisant que le PE se préparait à envoyer non seulement des députés, mais aussi des fonctionnaires et des conseillers à la Verkhovna Rada.

Plus tôt dans l'après-midi, M. Groysman s'était exprimé devant les députés de la commission des affaires étrangères. Il a demandé que le Parlement européen soutienne l'envoi d'armes à l'armée ukrainienne. « Il faut munir l'Ukraine d'armes défensives, et seulement défensives », pour protéger le territoire ukrainien, a-t-il expliqué. « Quand nous recevrons des armes défensives de bonne qualité, alors nous serons à même d'arrêter l'ennemi », a-t-il dit. Il a aussi demandé au Parlement européen et aux parlements nationaux européens de soutenir son pays pour que celui-ci obtienne, lors du sommet du Partenariat oriental, les 21 et 22 mai, le régime sans visa pour les citoyens ukrainiens pour des courts séjours.

Revenant sur les réformes en cours dans son pays, M. Groysman a précisé que l'Ukraine avait besoin « de réformes efficaces pour transformer la République d'Ukraine en un pays moderne, européen ». Il a précisé que le parlement devait devenir « la locomotive des réformes ». M. Groysman a souligné que si la priorité était de relancer l'économie, cela serait impossible sans une aide internationale. Lors de sa rencontre avec le président du Comité des régions, Markku Markkula, le président du parlement ukrainien a considéré que la décentralisation pouvait rendre l'Ukraine « plus forte ». « Le Comité des régions peut apporter une contribution précieuse pour renforcer la coopération entre les autorités et les communautés locales », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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