Bruxelles, 25/02/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, mercredi 25 février, d'accorder à la France un délai supplémentaire de 2 ans, jusqu'en 2017, pour que le pays ramène son déficit nominal sous le seuil de 3% du PIB.
« Le cas français était le plus compliqué discuté aujourd'hui », a indiqué le commissaire chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis. Selon lui, Paris doit accroître ses efforts « à la fois sur les plans budgétaire et macroéconomique ». C'est pourquoi la Commission demande aux autorités françaises d'accomplir en 2015 un effort budgétaire structurel (hors effet de la conjoncture) de 0,5% du PIB, alors que l'effort structurel calculé par l'institution européenne sur la base des réformes présentées par le gouvernement français n'atteint que 0,3% du PIB: cela représente un ajustement de 0,2%, ce qui est conséquent.
Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et financières, a rappelé qu'en 2013 la Commission avait donné deux ans au pays pour ramener son déficit public en dessous des 3% du PIB. Un déficit de 4,1% est prévu pour la France en 2015 et, à politique inchangée, de 4,1% en 2016, a rappelé la Commission. La situation macroéconomique ne s'est pas substantiellement améliorée, a rappelé M. Moscovici. Il a estimé que les réformes engagées en France vont dans la bonne direction, mais « elles n'ont pas suffi à corriger la situation ». Il faudra adopter une nouvelle recommandation (ce sera fait « dans les jours qui viennent », a dit M. Moscovici), avec une trajectoire de retour vers 3% à l'horizon 2017. Ceci va exiger des efforts importants de la part de la France, a dit le commissaire. Le ministre français, Michel Sapin, s'est engagé à respecter cet effort de 0,5%. C'est la conclusion de mois d'échanges robustes mais constructifs, a souligné Pierre Moscovivi.
Dette publique. La Commission a décidé de ne pas ouvrir, pour la Finlande, de procédure pour déficit excessif au regard de la dette. Le pays dépasse le seuil de la dette (60% du PIB), en raison de sa participation au fonds de sauvetage. Pour l'Italie et la Belgique, le critère de dette « demeure pertinent », a dit la Commission.
Rapport approfondi sur les déséquilibres macroéconomiques. 5 pays (France, Italie, Croatie, Bulgarie et Portugal) ont des déséquilibres excessifs qui nécessitent une surveillance et des mesures drastiques, a dit M. Moscovici. (Mathieu Bion et Lionel Changeur)