Bruxelles, 24/02/2015 (Agence Europe) - La feuille de route pour les interconnexions, que la Commission européenne dévoilera ce mercredi 25 février dans le cadre de son paquet pour l'Union de l'énergie, et dont EUROPE a obtenu une copie, table sur trois impératifs pour atteindre un objectif minimum d'interconnexion de 10% des capacités installées dans chaque État membre à l'horizon 2020:
i) la pleine mise en œuvre du règlement sur les réseaux transeuropéens d'énergie (RTE-E). À cet égard, la Commission veut intensifier les travaux des groupes régionaux établis par le règlement - le réseau offshore en mer du Nord, le plan d'interconnexion des marchés énergétiques de la Baltique (BEMIP), les interconnexions nord-sud dans l'ouest de l'Europe, et les interconnexions nord-sud en Europe centrale et du sud-est -, surveiller les progrès de chaque projet d'infrastructure d'intérêt commun (PCI) et proposer des mesures d'action correctives à un stade précoce, en particulier pour les États membres les plus éloignés de l'objectif de 10%. En 2014, douze pays en étaient encore en deçà: l'Irlande (9%), l'Italie (7%), la Roumanie (7%), le Portugal (7%), l'Estonie (4%), la Lettonie (4%), la Lituanie (4%), le Royaume-Uni (6%), l'Espagne (3%), la Pologne (2%), Malte et Chypre (0%). La France et l'Allemagne étaient à 10%, la Grèce et la Bulgarie à 11%. L'exécutif européen veut aussi intensifier son appui aux projets critiques, en examinant tous les obstacles et risques qui pourraient retarder leur construction et en prenant les mesures nécessaires (trouver, avec les promoteurs, des solutions aux difficultés de planification, de conception et aux problèmes techniques ; faciliter les contacts avec la BEI ; travailler avec les régulateurs pour trouver les meilleures incitations ; lancer des procédures pour l'octroi des autorisations et résoudre les problèmes politiques entre États membres).
ii) le recours aux instruments financiers de l'UE: le mécanisme d'interconnexion pour l'Europe, les fonds structurels et le futur fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI).
iii) le renforcement des formes de coopération régionale. Sous la supervision de la Commission, qui encouragera l'alignement entre leurs pratiques de travail, les quatre groupes régionaux devront établir un plan d'action incluant des propositions d'interconnexion pour atteindre l'objectif de 10%. Dans les cas les plus difficiles, comme le projet Litpol Link entre les États baltes et la Pologne ou les interconnexions entre la France et l'Espagne, la Commission fournira une assistance pour inclure de nouveaux projets. La Commission travaillera en étroite collaboration avec le groupe des gestionnaires de réseaux (ENTSO-E) pour s'assurer que le champ d'application du 'plan de décennal de développement du réseau', qui constitue le seul instrument pour la sélection des PCI, soit élargi pour recenser les projets nécessaires pour atteindre l'objectif de 10%. La Commission fera rapport chaque année au Conseil européen. Elle veillera aussi à ce que le travail des groupes régionaux dégage des synergies appropriées avec l'EFSI. Enfin, l'exécutif européen veut réunir, fin 2015, le premier Forum européen sur l'infrastructure. (Emmanuel Hagry)