Bruxelles, 24/02/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mardi 24 février, qu'elle suivait de très près le nouveau différend gazier entre la Russie et l'Ukraine concernant la mise en œuvre du 'paquet hivernal' pour l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe, qui expire à la fin mars.
« La Commission attend que le paquet d'hiver soit pleinement mis en œuvre par les deux parties. D'après nos informations, la situation est normale sur le font des livraisons (de l'Europe en gaz russe) et nous pensons que le transit ne sera en rien affecté par la situation en Ukraine orientale », a commenté mardi la porte-parole de la Commission en charge du dossier énergie, Anna-Kaisa Itkonen.
L'opérateur gazier ukrainien Naftogaz a accusé le gazier russe Gazprom, lundi 23 février, de violer le protocole d'accord sur les fournitures de gaz russe à l'Ukraine pour l'hiver 2014/2015, conclu le 30 octobre 2014 sous la médiation de l'UE, en ne fournissant pas à l'Ukraine une quantité de gaz prépayée par Kiev.
Une accusation que Gazprom a démentie mardi. « L'Ukraine n'a pas effectué un nouveau prépaiement dans les délais (…). Cela conduira à une cessation complète des livraisons de gaz russe à l'Ukraine d'ici deux jours et engendre des risques graves pour le transit de gaz vers l'Europe », a averti le patron du gazier russe, Alexei Miller, dans un communiqué.
« Naftogaz a avancé des accusations graves qui méritent une analyse approfondie, une vérification des faits. Mais cette enquête n'est pas facile, vu la nature des accusations et vu le fait qu'il est prétendu que les approvisionnements en gaz russe se font dans une zone qui n'est pas sous contrôle du gouvernement ukrainien. Nos experts sont sur place pour vérifier ces accusations », indiquait, de son côté, Mme Itkonen, précisant que le commissaire Maros Sefcovic était « en contact permanent » avec les deux parties et « prêt à organiser des réunions trilatérales chaque fois que cela sera nécessaire ».
La tension monte depuis une semaine entre Moscou et Kiev à l'approche de l'expiration du 'paquet hivernal', fin mars, alors que Gazprom a commencé, en fin de semaine dernière, à approvisionner directement les zones sous contrôle des séparatistes en Ukraine orientale, dans les régions de Donetsk et Louhansk, au motif que le gouvernement ukrainien a cessé de le faire. (Emmanuel Hagry)