Bruxelles, 17/02/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne et ses partenaires discutent sur des moyens d'agir en Libye, a expliqué, lundi 16 février, la Haute Représentante, Federica Mogherini. Mme Mogherini, qui doit rencontrer ce jeudi le Secrétaire d'État américain, John Kerry, et le ministre des Affaires étrangères égyptien, Sameh Shoukry, a précisé que le premier sujet à aborder allait être « quelle sorte de discussion, d'initiative dans le cadre des Nations Unies est la plus nécessaire, la plus efficace pour faire face à la menace de l'organisation État islamique en Libye ». « La situation est complexe et très dangereuse », a expliqué Mme Mogherini, lors d'une conférence de presse à Madrid. Selon elle, toutes les parties dans le pays devraient réaliser que Daesh est un danger pour la Libye toute entière et que cela nécessite une action conjointe pour faire face à cette menace.
La Haute Représentante a aussi rencontré, lundi 16 février à Madrid, le Représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Bernardino Leon, pour discuter des développements « dramatiques récents » et de « la nécessité d'accroître les efforts diplomatiques visant à unir les différentes parties libyennes dans un effort commun pour faire face à la menace de Daesh ». Mme Mogherini et M. Leon vont intensifier les contacts « pour assurer le soutien régional et international approprié pour le processus mené par l'ONU », précise le communiqué du Service européen pour l'action extérieure (SEAE).
Mme Mogherini a précisé que toute action devait être menée « dans le cadre de l'ONU, par les Libyens et dans un contexte régional pour encadrer toute mesure qui pourrait être prise ». La Haute Représentante a ainsi rappelé la nécessité de discuter avec les pays de la région, citant l'Égypte, mais aussi la Tunisie ou encore l'Algérie.
« Ce n'est pas aujourd'hui que nous allons considérer une quelconque contribution de l'UE à une quelconque action militaire », a rappelé Mme Mogherini. Sa porte-parole, Catherine Ray, a précisé que l'UE était convaincue que l'option militaire n'était pas une solution au conflit et encouragé par tous les moyens un dialogue politique. « Nous soutenons le processus mené par l'ONU », a-t-elle rappelé.
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a considéré, mardi 17 février, que le Conseil de sécurité des Nations Unies devait adopter une résolution pour permettre une intervention militaire internationale en Libye. « Il n'y a pas d'autre choix. En prenant en compte (le fait) que le peuple libyen est d'accord et nous appelle à agir pour rétablir la sécurité et la stabilité », a-t-il expliqué à la radio française EUROPE 1. « J'adresse ce message aux Européens et aux Français en particulier. Quand j'ai rencontré le président français, il y a quatre mois, je lui ai dit: 'faites attention, ce qui se passe en Libye va transformer ce pays en un terreau qui va menacer l'ensemble de la région, pas uniquement l'Égypte mais aussi le bassin méditerranéen et l'Europe' », a ajouté M. al-Sissi. À la suite de la décapitation de 21 Coptes d'Égypte par l'État islamique, l'Égypte a bombardé des positions de l'organisation terroriste en Libye. (Camille-Cerise Gessant)