login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11255
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Programme grec, chacun campe sur ses positions

Bruxelles, 17/02/2015 (Agence Europe) - Les positions de la Grèce et des Européens ne se sont pas rapprochées d'un iota, mardi 17 février, au lendemain de l'échec des négociations de l'Eurogroupe sur la suite à donner au 2ème plan de sauvetage grec qui expire fin février (EUROPE 11254).

À Athènes, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis que le gouvernement ne ferait « pas un » seul pas en arrière par rapport à ses promesses de campagne. Il a annoncé dans la foulée la tenue de votes, dès vendredi, d'une série de mesures sociales en faveur des Grecs. Un des premiers textes qui sera soumis concernera la protection des résidences des saisies immobilières ou encore l'étalement en cent mensualités des remboursements de prêts bancaires pour les personnes les plus défavorisées.

« La Grèce n'accepte pas les conditions et les ultimatums: elle dit 'non' », a dit M. Tsipras, accusant le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, d'avoir perdu son sang froid pendant l'Eurogroupe.

Les Européens redoutent justement que la Grèce prenne des mesures unilatérales qui n'entreraient pas dans le cadre du programme d'ajustement actuel et qui mettraient en péril les fragiles finances publiques du pays. « Aucun de mes homologues n'a compris jusqu'ici ce que veut la Grèce. Il n'est même pas sûr que la Grèce le sache elle-même », a estimé M. Schäuble.

La Commission européenne s'active en coulisses pour trouver une solution acceptable pour tous, c'est-à-dire qui permette à la Grèce d'appliquer des mesures sociales conformément au mandat reçu des urnes et qui permette aux Européens d'obtenir des garanties en matière de responsabilité budgétaire et de poursuite des réformes stimulant la compétitivité du pays. Selon les Européens et la Commission, le seul moyen d'y parvenir est de prolonger le plan de sauvetage actuel afin d'éviter une sortie de route (avec des conséquences inconnues pour l'ensemble de la zone euro) et de se donner du temps pour négocier, dans les mois à venir, une nouvelle relation contractuelle entre Athènes et ses créanciers. Pour cela, il est demandé aux autorités grecques de formuler, d'ici à vendredi, une demande officielle d'extension du plan de sauvetage actuel.

« Il n'y a pas de plan B » à un accord à dix-neuf pays, a souligné mardi le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Des informations contradictoires ont circulé, au lendemain de l'Eurogroupe, sur l'existence ou non de projets de déclaration rédigés par la Commission, la présidence de l'Eurogroupe et la Grèce. « La Commission ne nous a rien présenté. C'était une discussion sans document », a expliqué Pierre Gramegna, ministre luxembourgeois des Finances. Il a relevé un décalage entre la communication du ministre grec, Yanis Varoufakis, devant la presse et face aux ministres. Pendant l'Eurogroupe, il ne s'est pas engagé à ce qu'aucune mesure unilatérale ne soit prise et il n'a pas non plus évoqué ce texte de la Commission sur lequel il aurait pu marquer un accord, a expliqué M. Gramegna. (Mathieu Bion et Élodie Lamer)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE