Bruxelles, 17/02/2015 (Agence Europe) - Mario Monti, qui préside le groupe de haut niveau sur les ressources propres, a tenté, mardi 17 février, de faire réagir les ministres des Finances des pays de l'UE sur la question très sensible d'une réforme du système des ressources propres de l'UE.
Après son passage devant les eurodéputés, le plus souvent partisans d'une vraie réforme pour doter l'UE de véritables ressources propres (EUROPE 11247), Mario Monti a présenté au Conseil Ecofin les grandes lignes du premier rapport (publié fin décembre 2014) du groupe de haut niveau sur les ressources propres.
Il y a des appels en faveur de réformes structurelles au niveau national ; or, certains ajustements structurels sont nécessaires aussi au niveau européen, a dit en substance Mario Monti. Il a rappelé que les débats très difficiles, l'an dernier, sur le budget 2015, étaient liés au volet recette du budget de l'UE.
Celui qui fut, en Italie, président du Conseil de 2011 à 2013, a rappelé qu'en 2013 83% des recettes du budget se composaient de contributions directes émanant des budgets nationaux, « ce qui explique beaucoup de malentendus ».
Le premier rapport du groupe de haut niveau décrit les efforts faits et les critères pour avoir un système solide de ressources propres. Il a cité plusieurs critères: équité, efficacité, stabilité, transparence, subsidiarité...
Il ne faut pas examiner les ressources propres sans tenir compte du contexte plus large, a dit Mario Monti.
Le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, a parlé d'un excellent rapport et a fait deux recommandations: 1) comme en fin de compte, il faudra convaincre les parlementaires nationaux, il convient de tenir compte des perspectives au niveau national ; 2) plus on travaille sur les dépenses, plus on sera convaincant, s'agissant des recettes.
Le ministre britannique a soutenu son homologue allemand et a insisté sur le besoin de vérifier comment l'argent est dépensé. Il a rappelé que, sur les ressources propres, la position britannique était bien connue (ne pas toucher au chèque britannique) et il a sous-entendu que rien ne serait modifié (il faut l'unanimité).
La France a demandé en substance de tenir compte des considérations budgétaires qui sont faites au sein de la zone euro.
La Pologne a insisté sur le besoin de bien séparer les discussions entre, d'un côté, les dépenses et, de l'autre, les recettes.
Comme l'Allemagne et le Royaume-Uni ont fait référence au volet dépenses du budget de l'UE, Mario Monti a demandé si cela devait être interprété comme un encouragement à élargir le mandat du groupe de haut niveau sur les ressources propres. « C'est une bonne chose de regarder comment notre argent est dépensé », a répondu le ministre britannique. La Présidence lettone du Conseil a dit qu'elle préférait que le groupe de haut niveau se concentre sur son mandat actuel, tout en admettant que ce groupe était « indépendant ». (Lionel Changeur)