Bruxelles, 17/02/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, a expliqué, lundi 16 février, que l'UE, avec sa délégation à Kiev, travaillait « jour et nuit » pour soutenir l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dans le suivi de la mise en oeuvre de l'accord de Minsk sur le terrain. Le soutien à l'OSCE est technique et financier, a précisé Mme Mogherini. « Nous voyons notre rôle comme critique, crucial, [ne consistant] pas juste à s'asseoir et à attendre de voir si l'accord tient, mais à faire tout ce que nous pouvons pour [assurer] la mise en place de l'accord et qu'il fonctionne », a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse à Madrid.
Selon une source européenne, cette aide de l'UE peut inclure un soutien supplémentaire, notamment pour le suivi et la surveillance de la frontière (par exemple, par un soutien supplémentaire à l'OSCE), un soutien continu aux réformes, y compris la décentralisation, une possible facilitation de nouvelles discussions sur l'énergie, la poursuite des consultations (y compris en format trilatéral avec la Russie au sujet de ses préoccupations) sur la mise en oeuvre de l'accord d'association UE-Ukraine et davantage d'aide humanitaire, mais aussi d'autres mesures. « Des contacts diplomatiques sont en cours », a précisé cette source à EUROPE.
Par ailleurs, mardi 17 février dans la matinée, la chancelière allemande, Angela Merkel, et les présidents ukrainien, Petro Porochenko, et russe, Vladimir Poutine, ont décidé des « mesures concrètes » pour permettre aux observateurs de l'OSCE de surveiller le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine. La porte-parole de Mme Mogherini, Catherine Ray, a regretté que les observateurs de l'OSCE aient rencontré des difficultés sur le terrain, alors que les séparatistes leur ont refusé l'accès à Debaltseve ces derniers jours.
« Le retrait des armes lourdes doit débuter ce 17 février, comme prévu » par l'accord de Minsk du 12 février, a ajouté Mme Ray. Le cessez-le-feu est très fragile et n'est pas appliqué dans la région de Debaltseve. Cinq soldats ukrainiens ont été tués et quatorze blessés dans les combats à l'est de l'Ukraine, le 16 février. « Un cessez-le-feu est un cessez-le-feu. Les tirs doivent s'arrêter », a souligné la porte-parole de la Haute Représentante, le 17 février. Elle a précisé que l'UE était inquiète à cause des combats à Debaltseve et autour de la ville. (Camille-Cerise Gessant)