Bruxelles, 10/02/2015 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales a adopté, mardi 10 février, en point A (sans débat), des conclusions sur la cyberdiplomatie. Le texte souligne la nécessité de développer et de mettre en oeuvre une approche commune et globale au niveau de l'UE en matière de cyberdiplomatie au niveau mondial, qui encourage l'évolution d'une économie numérique favorable à la croissance tout en préservant les valeurs européennes et les droits des citoyens.
Les conclusions ont été élaborées à partir d'un document de travail préparé par la Présidence grecque l'an dernier, lui-même basé sur un document de réflexion du Service européen pour l'action extérieure (SEAE). « Vu la complexité du sujet, les débats (…) ont été longs et difficiles, à la recherche d'un équilibre entre les différents aspects et les rôles et compétences respectifs des différents acteurs », a indiqué le Conseil. Le texte adopté souligne la nécessité d'instaurer une politique cohérente du cyberespace qui défende les intérêts politiques économiques et stratégiques de l'UE et de poursuivre le dialogue avec les principaux partenaires et organismes internationaux, de même qu'avec la société civile et le secteur privé. Les valeurs que l'UE défend dans le monde « hors ligne » doivent également s'appliquer dans le cyberespace, rappelle le Conseil, en ajoutant qu'il fallait pouvoir compter sur des communications en ligne accessibles, sûres et fiables.
Les conclusions insistent sur six points: 1) promotion et protection des droits de l'homme dans le cyberespace: l'UE et les États membres sont appelés à défendre la liberté d'expression en ligne et hors ligne, à lutter contre la grande criminalité en ligne et favoriser l'échange de bonnes pratiques à cet égard en coopération avec les pays tiers ; 2) application du droit international en vigueur dans le domaine de la sécurité internationale: se référant au travail d'experts réalisé au sein des Nations Unies en matière de cybersécurité, l'UE et les États membres sont appelés à soutenir activement les mesures élaborées en ce sens et à défendre la position de l'UE dans les enceintes internationales ; 3) gouvernance de l'Internet: l'Internet faisant partie intégrante de l'approche commune de l'UE en matière de cyberdiplomatie, le Conseil renvoie aux conclusions adoptées fin novembre 2014 en la matière, qui insistent sur l'émergence d'un modèle de gouvernance inclusif et multipartenaire ; 4) amélioration de la compétitivité et de la prospérité de l'UE: rappelant que l'UE doit faire avancer le marché unique numérique, les nouvelles technologies étant un moteur essentiel pour la croissance, le Conseil cite les conditions préalables au développement de ce marché: une meilleure protection des données en ligne et des infrastructures, des normes mondiales interopérables, un renforcement de la confiance dans le numérique et un niveau élevé de sécurité informatique ; 5) renforcement et développement des cybercapacités: celles-ci sont essentielles dans les efforts déployés par l'UE en matière de cyberdiplomatie, souligne le Conseil. Il encourage l'UE et les États membres à une approche cohérente et globale en la matière ; 6) relations stratégiques avec les principaux partenaires et organismes internationaux: la plupart des décisions stratégiques sur des questions liées au cyberespace ont des implications internationales qui nécessitent une action internationale, note le Conseil. C'est pourquoi l'UE et les États membres doivent préparer des « cyberdialogues » avec les pays tiers et oeuvrer, sur le plan international, à instaurer une politique de l'UE cohérente en matière de cyberespace. (Isabelle Lamberty)