Bruxelles, 10/02/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a lancé, du 9 février au 4 mai 2015, une consultation publique en vue de la présentation de futurs plans de gestion pluriannuels de certaines espèces démersales dans les eaux de la mer du Nord.
Pour le moment, deux plans de gestion existent en mer du Nord (cabillaud d'une part, sole et plie d'autre part). Ils doivent cependant être remplacés par un ou plusieurs plans de gestion adaptés aux nouvelles règles de la politique commune de la pêche (PCP). En outre, la Commission admet, dans le document de consultation, que le plan cabillaud n'a pas atteint pleinement ses objectifs, car « la biomasse reste très basse malgré la réduction de la mortalité par pêche ».
La Commission rappelle que la donne a changé, puisque l'obligation de débarquement sera en vigueur entre 2016 et 2019 pour les espèces démersales (donc, les espèces non désirées ne pourront plus être rejetées par-dessus bord, elles devront être débarquées et comptabilisées dans les quotas).
Zones concernées. La Commission suggère donc la mise en place d'un nouveau plan de gestion pluriannuel en mer du Nord permettant d'atteindre les nouveaux objectifs de la politique commune de la pêche (rendement maximal durable entre 2015 et 2020 et obligation de débarquement). Elle propose que ce plan tienne compte aussi des interactions lors des pêches dites mixtes (plusieurs espèces prises en même temps). La Commission estime que le plan devrait couvrir la mer du Nord et le Skagerrak, mais qu'il pourrait être étendu à la Manche Est et au Kattegat, pour certaines espèces. La question est en tout cas posée dans le document sur la consultation publique.
Espèces concernées. La Commission estime que les principales espèces soumises à ces règles de gestion sont le cabillaud, l'églefin, le lieu noir, le merlan, la sole, la plie et la langoustine. Elle se demande si d'autres espèces ne devraient pas être couvertes, comme la lotte ou les cardines. Si la portée du plan était limitée aux principales espèces cibles, quelles mesures pourrions-nous prendre pour protéger les espèces des captures accessoires, demande la Commission dans le cadre de la consultation.
Écosystème et régionalisation. La Commission pose encore deux questions importantes: 1) Quels sont les sujets liés à l'écosystème qui devraient être pris en compte dans le contexte du plan et quels outils de gestion seraient requis en vertu du plan pour minimiser les impacts négatifs sur les écosystèmes ? ; 2) Quelles mesures techniques (maillage minimum des filets, zones fermées à la pêche de manière permanente ou saisonnière) devraient être introduites au niveau régional pour aider à atteindre les objectifs du plan ?
Le défi de la fin des rejets. Enfin, la Commission demande aux parties intéressées de donner leur avis sur le défi que constitue l'obligation de débarquement. On sait déjà que la plupart des pêcheurs estiment que la fin des rejets est pratiquement impossible à mettre en oeuvre pour les espèces démersales. C'est pourquoi le Parlement européen s'est battu pour obtenir, dans le cadre des négociations sur le règlement omnibus (mise en oeuvre de la fin des rejets), une évaluation chaque année de la mise en oeuvre de l'obligation de débarquement (EUROPE 11242). (Lionel Changeur)