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Bulletin Quotidien Europe N° 11250
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Pour le député russe A. Pushkov, les accords de Minsk ne suffisent pas

Bruxelles, 10/02/2015 (Agence Europe) - Le président de la commission des affaires internationales de la Douma, le Russe Alexey Pushkov, a considéré que les accords de Minsk signés en septembre n'étaient pas suffisants, lundi 9 février devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

« Minsk ne suffit pas, il est violé des deux côtés. Il faut quelque chose de plus stable. Donc, il faut une interférence internationale car les accords de Minsk ne suffisent pas », a-t-il expliqué, mettant en avant l'initiative franco-allemande (EUROPE 11249). « Sans interférence politique, les combats pourraient continuer très longtemps », a expliqué le député. Selon lui, la situation sur le terrain est dans une impasse, aucune des parties n'étant en mesure d'infliger à l'autre une défaite qui serait considérée comme décisive. « Arrêter les combats maintenant est crucial », a estimé M. Pushkov. Et d'ajouter: « Quels que soient les chiffres (de morts et de blessés qui diffèrent selon les sources, NDLR), est-ce qu'on veut qu'ils se multiplient ? Il faut trouver une issue ».

Le député russe a considéré que pour apporter des garanties de sécurité à la population du Donbass, « il fallait unir nos efforts ». « Si un cessez-le-feu du côté de Kiev est garanti par des pays européens, par l'UE, alors de notre côté la Russie pourrait exercer une pression sur les insurgés pour un cessez-le-feu durable », a-t-il expliqué.

M. Pushkov a espéré que toute décision prise lors du sommet de Minsk (prévu ce mercredi 11 février) des présidents ukrainien, russe, français et de la chancelière allemande « pourrait être la base d'une solution politique durable ». « On n'est pas dans une solution rapide mais, si la guerre s'arrête et si un processus politique est enclenché, au moins les gens ne mourront plus », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il faudrait peut-être un an ou deux pour parvenir à une solution globale.

Rappelant que son pays accueillait 830 000 réfugiés, alors que 150 000 autres ont quitté les zones de combat pour se réfugier ailleurs en Ukraine, M. Pushkov a considéré que la question du statut futur du Donbass était une question clé, qui ne pouvait pas être seulement réglée à Kiev. « La question du statut est la base sur laquelle fonder une paix durable car les gens qui vivent là-bas doivent être entendus », a-t-il indiqué, précisant que la Russie ne conteste pas que le fait que le « Donbass (doive) continuer à faire partie de l'Ukraine ». Et de préciser que l'Ukraine ne devrait pas forcément devenir une fédération même si, pour lui, une telle solution « ne serait pas problématique ».

Les députés européens ont demandé au député russe si les pays voisins de la Russie devaient avoir peur d'elle. Sur ce point, M. Pushkov a considéré que son pays ne représentait « aucune menace » pour d'autres pays limitrophes. « Aucune, aucune, aucune », a-t-il insisté, ajoutant que la Russie n'était pas un danger pour l'Europe ni pour l'Occident. (Camille-Cerise Gessant)

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