Bruxelles, 10/02/2015 (Agence Europe) - Plusieurs intervenants à la conférence sur l'Union de l'énergie, vendredi 6 février à Riga, ont mis l'accent sur le rôle crucial des villes engagées en faveur d'une énergie locale durable au sein de la Convention des Maires, établie en 2008, ainsi que sur la nécessité de renforcer ce mouvement associant autorités locales et régionales dans un engagement volontaire pour améliorer l'efficacité énergétique et promouvoir l'utilisation des sources d'énergie renouvelable sur leur territoire.
La politique énergétique de l'UE est « un succès local, mais un échec systémique », a estimé la directrice de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Maria van der Hoeven, relayée par la ministre lettone de l'Économie, Dana Reizniece-Ozola, lors de la clôture de l'événement dont cette dernière était l'hôte, au nom de la Présidence lettone. Un succès au niveau local qu'illustre la Convention des Maires, par laquelle 6 000 villes se sont engagées à une réduction moyenne des émissions de CO2 de 28% à l'horizon 2020, dépassant largement les ambitions au niveau européen (20%), souligne son secrétariat.
Levant le voile sur une partie du paquet de mesures pour l'Union de l'énergie, que la Commission européenne présentera le 25 février, le commissaire à l'Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete, a souligné, vendredi, l'importance « d'exploiter pleinement » la Convention des Maires grâce au plan d'investissement européen et aux fonds régionaux et structurels. Également conférencier à Riga, l'eurodéputé Claude Turmes (Verts/ALE, luxembourgeois) a appelé à renforcer cette initiative avec des ressources humaines et financières adéquates pour « aider les villes à devenir les leaders du débat sur la transition énergétique ».
« Pour renforcer la cohésion et la solidarité européennes, l'Union de l'énergie doit être fondée sur la gouvernance à plusieurs niveaux, en s'appuyant sur la Convention des Maires qui démontre la coopération entre tous niveaux de gouvernement », a insisté Stephan Brandligt, adjoint au maire de la ville de Delft (Pays-Bas), signataire de la Convention des Maires.
Dans son intervention devant le Parlement européen, fin janvier, le vice-président de la Commission en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, avait souligné l'importance de la dimension locale dans ce projet, se disant « profondément convaincu de l'apport à cet égard d'une contribution active des citoyens, des acteurs et des villes », souligne le secrétariat de la Convention.
Près de 70% des 6 000 villes signataires de la Convention - soit 25% de la population de l'UE- ont adopté un plan d'action énergétique durable, qui vise à réduire de 44% leurs émissions de CO2 en prenant des actions ciblant le secteur du bâtiment, qui est le plus grand consommateur d'énergie (47%), le secteur des transports (17% de la consommation d'énergie) et la production d'énergie locale.
La Convention des Maires contribue dans une large mesure à la sécurité énergétique du continent: selon une analyse du Centre commun de recherche de l'UE, 58% de la consommation de gaz dans six des pays les plus dépendants peuvent être économisés grâce à la mise en oeuvre des plans d'action de l'énergie durable des villes, conclut le secrétariat de la Convention. (Emmanuel Hagry)