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Bulletin Quotidien Europe N° 11250
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Peu d'optimisme à l'amorce de l'Eurogroupe

Bruxelles, 10/02/2015 (Agence Europe) - Jusqu'ici, les contacts entre la Grèce et la Commission européenne « n'ont pas été très fructueux », a reconnu mardi 10 février Mina Andreeva, porte-parole de l'institution européenne, ajoutant que les attentes de voir un accord sur la suite à donner au 2ème plan de sauvetage de la Grèce intervenir dès cette semaine étaient « faibles ».

L'Eurogroupe extraordinaire doit, ce mercredi 11 février, déminer le terrain pour tenter de parvenir à un accord lundi 16 février sur le financement à moyen terme d'Athènes, dont le plan d'aide actuel expire fin février.

Lundi, le gouvernement grec a laissé fuiter dans la presse le détail de sa stratégie. Le financement de transition qu'il a déjà évoqué se ferait, selon son scénario, via l'augmentation de 8 milliards d'euros du plafond d'émission de bons du Trésor et via le versement d'1,8 milliard d'euros de profits rétrocédés par la BCE (programme 'SMP' de rachat d'obligations souveraines). Ce financement de transition permettrait à la Grèce, jusque fin août, de dessiner les contours d'un nouvel accord, qui entrerait en vigueur le 1er septembre.

Il s'agirait de garder 70% du protocole d'accord signé par le précédent gouvernement et remplacer les 30% restants avec 10 mesures décidées en coopération avec l'OCDE, selon le quotidien grec Kathimerini. Les 30% restants sont pourtant considérés comme des mesures clés par l'eurozone. Comme le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras l'a déjà dit, il s'agirait en outre de réduire l'objectif d'excédent budgétaire hors service de la dette (1,5% du PIB au lieu de 3% en 2015 et de 4,5% en 2016). « Il faut que la Grèce maintienne un excédent primaire suffisant. Mais oui, le niveau à venir de cet excédent fera partie des discussions entre la Grèce et ses partenaires européens », a dit le ministre français, Michel Sapin, dans une interview au journal français Le Point. Il s'agirait de réduire la dette via des échanges d'obligations.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a démenti les articles de presse prêtant à la Commission l'intention de proposer une extension de six mois du programme. Depuis Washington, la chancelière allemande, Angela Merkel, a rappelé que la Grèce avait des programmes de prêts avec l'eurozone et le FMI, ces programmes étant « la base de toute discussion que nous avons ». La position de l'eurozone, qui contrecarre l'ambition grecque liée à l'obtention d'un financement de transition, est que tout prêt accordé doit s'accompagner de mesures conditionnelles à appliquer.

Lors d'une conférence de presse de la Gauche unitaire au Parlement européen sur les résultats des élections en Grèce, Pablo Iglesias (GUE/NGL, espagnol) a invité, mardi 10 février, les autorités européennes à accepter la main tendue par le gouvernement grec. Pour le leader du mouvement Podemos, pendant espagnol de Syriza, « ce qui est en jeu ce n'est pas le sort du gouvernement grec mais l'avenir de l'UE ». Et d'ajouter: « Ceux qui s'enferment dans des positions dogmatiques qui ont échoué sont en train d'enterrer le projet européen. Il faut reconnaître qu'on peut faire les choses autrement ». (Élodie Lamer avec Marie-Pauline Desset)

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