Strasbourg, 10/02/2015 (Agence Europe) - Les chefs de files des principaux groupes politiques du Parlement européen misent beaucoup sur la réunion entre les présidents russe, Vladimir Poutine, ukrainien, Petro Porochenko, français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui devrait avoir lieu mercredi 11 février à Minsk pour étudier un plan de paix pour l'Ukraine.
Tous les groupes politiques ont donné la priorité à une solution diplomatique concertée, mardi 10 février, alors que la session plénière du PE devait débattre de la situation en Ukraine, plus tard dans la soirée.
Le président du groupe démocrate-chrétien (PPE), l'Allemand Manfred Weber, a souhaité que 'Minsk II' réussisse et que les Russes reviennent à la table des négociations. « Non aux armes, oui à des négociations jusqu'au-boutistes », a indiqué le président des sociaux-démocrates, l'Italien Gianni Pittella. « Le premier objectif doit être de bloquer le conflit armé et ne pas créer les conditions d'une troisième guerre mondiale aux portes de l'Europe », a-t-il souligné. Les sociaux-démocrates, à l'instar des libéraux et des Verts, misent sur les sanctions économiques. Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande), qui s'est rendue plusieurs fois en Ukraine, a appelé à « une réponse commune et unie fondée sur l'idée des sanctions économiques plutôt que militaire ». Au nom du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt a réclamé plus de fermeté de la part des Européens, qui doivent se montrer prêts à renforcer les sanctions, et surtout s'aligner avec les États-Unis. « Une position commune avec nos alliés américains est un élément clair si nous voulons que notre initiative soit couronnée de succès », a-t-il déclaré.
Les Américains s'interrogent actuellement sur la possibilité d'envoyer des armes à l'Ukraine.
L'ancien Premier ministre belge a en outre soulevé la question du rôle que jouent le président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, dans la résolution du conflit, alors que le centre de gravité des négociations semble s'être déplacé vers les capitales. Les eurodéputés ont eu l'occasion d'aborder la question ukrainienne de vive voix avec Mme Mogherini lors d'un débat mercredi en fin de journée. (Marie-Pauline Desset avec Camille Cerise Gessant)