Bruxelles, 04/02/2015 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic, a fait part devant la presse d'un « consensus large » lors d'un débat d'orientation politique au sein du collège des commissaires, mercredi 4 février, sur les principaux éléments qui doivent permettre d'établir le projet d'Union de l'énergie assortie d'une politique climatique tournée vers l'avenir.
« On a souligné l'importance d'une Union de l'énergie mettant les citoyens au centre de ce projet. Un projet qui ne s'arrête pas aux frontières de l'Union, mais qui est étendu à nos pays voisins qui coopèrent avec nous dans le contexte de la Communauté de l'énergie », a commenté M. Sefcovic.
M. Sefcovic a mentionné quatre raisons clés pour lesquelles établir une Union de l'énergie. D'abord, la nécessité de réduire la dépendance de l'UE à l'égard des fournisseurs tiers, dont la facture annuelle s'établit à 400 milliards d'euros et qui la rend « vulnérable ». Ensuite, le « besoin d'un marché unique fort »: pour achever le marché intérieur de l'énergie, l'UE doit se débarrasser des barrières administratives et techniques qui empêchent son bon fonctionnement, a-t-il expliqué. M. Sefcovic a aussi souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes pour impliquer les pays voisins dans les décisions stratégiques de chaque État membre en matière de politique énergétique. Enfin, ce projet permettra de combattre la pauvreté énergétique: « 10% de la population de l'UE ne peut pas payer sa facture énergétique », a déploré le commissaire.
« Nous avons fait tout notre possible pour accélérer les travaux préparatoires. Nous pensons que le contexte actuel de prix du gaz et du pétrole plus bas nous donne l'opportunité d'accélérer notre politique énergétique à l'échelle de l'UE et d'utiliser cet argent économisé dans les infrastructures », a poursuivi M. Sefcovic. Quatorze commissaires travaillent de concert sur ce projet qui s'appuie sur « une approche holistique pour voir comment l'énergie peut être mieux gérée en prenant en compte les politiques énergétiques et du climat mais aussi les transports, la politique industrielle, le commerce, l'agriculture », a-t-il expliqué.
L'Union de l'énergie repose sur cinq dimensions: le renforcement de la sécurité énergétique et de la solidarité, incluant la mise en commun des ressources, l'achat en commun de gaz, la transparence accrue sur les accords individuels passés par les États membres avec leurs fournisseurs tiers et une diplomatie énergétique renforcée, l'achèvement du marché intérieur, la modération de la demande d'énergie et l'efficacité énergétique, la décarbonisation du bouquet énergétique de l'UE et la recherche et l'innovation.
Le paquet qui sera dévoilé le 25 février comprendra quatre documents: un cadre stratégique assorti d'une feuille de route pour sa mise en oeuvre, un plan de mise oeuvre pour le renforcement des interconnexions transfrontalières et une feuille de route pour la conférence onusienne sur le climat, fin 2015. (EH)