Bruxelles, 04/02/2015 (Agence Europe) - Un rapport de la Commission européenne sur une série d'audits menés dans les États membres entre 2011 et 2013 « pour évaluer les contrôles officiels des OGM, y compris leur dissémination volontaire dans l'environnement », fait état de carences graves, dont l'ONG 'Food & Water Europe' s'est alarmée, mardi 3 février.
De l'avis de cette ONG, les lacunes relevées ou l'absence de contrôle constatée sont de mauvais augure, à l'heure où la nouvelle législation de l'UE (modification de la directive 2001/18/CE) devrait ouvrir la porte, dès le printemps, à de nouvelles autorisations de culture dans l'UE, en donnant aux États membres davantage de marge de manoeuvre pour interdire ou limiter sur leur territoire la culture d'OGM, autorisée par ailleurs à l'échelle de l'UE (EUROPE 11230 et 11229 ).
« On fait beaucoup de bruit autour des modifications récentes de la législation européenne qui régit les autorisations de culture des OGM dans l'UE mais on ne souffle mot de l'incapacité actuelle à respecter la législation en vigueur. L'audit de la Commission elle-même n'augure rien de bon pour les agriculteurs et les autres citoyens qui sont en droit de se demander s'ils sont vraiment protégés ».
Le rapport publié par la Commission en décembre dernier constate notamment que: - certains États membres autorisent la contamination de semences par des OGM dont la culture n'est pas autorisée dans l'UE, ce qui enfreint à la fois la législation sur la pureté des semences et celle sur l'étiquetage des semences ; - les autorités permettent la contamination illégale de produits non OGM avec des OGM sans respecter l'exigence d'étiquetage ; - des lacunes ont été relevées dans l'échantillonnage et la communication des résultats. « Si l'échantillonnage n'est pas fait correctement ou si les règles d'étiquetage sont simplement ignorées, les consommateurs ne peuvent pas faire confiance à ce qu'ils achètent », souligne Eve Mitchell de Food & Water Europe ; - la surveillance des effets environnementaux à long terme du maïs MON 810 par Monsanto est « limitée à des observations anecdotiques » ; - en l'absence de contrôles internes ou frontaliers, des agriculteurs achètent des semences génétiquement modifiées par-delà des frontières de l'UE et les cultivent en Europe. Le rapport indique que la localisation de ces champs est inconnue des pays concernés et que, dans l'un des pays, les autorités n'étaient même pas au courant avant que Monsanto ne les informe - ce qui est « particulièrement préoccupant pour les pays qui souhaitent interdire les cultures OGM », souligne l'ONG.
Le rapport d'audit de 2011 sur les cultures de ce maïs en Espagne montre que l'absence de recours à des laboratoires accrédités pour tester les OGM remonte au moins à 2005.
Le rapport est accessible à la page: http://ec.europa.eu/food/fvo/overview_reports/details.cfm?rep_id=67 Celui sur l'Espagne à la page: http://ec.europa.eu/food/fvo/rep_details_en.cfm?rep_id=2970 (AN)