Bruxelles, 04/02/2015 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'est dit optimiste qu'un accord mutuellement bénéfique sera trouvé avec l'eurozone concernant l'issue du plan de sauvetage de son pays, à l'issue de sa tournée européenne qui l'a mené à Bruxelles, mercredi 4 février.
M. Tsipras a fait le tour des institutions européennes. Il a tout d'abord rencontré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. La Commission s'est bornée à dire que les deux hommes s'étaient mis d'accord pour ne pas poursuivre leurs discussions par médias interposés. Aucune information n'a donc filtré, du côté de l'institution européenne.
Selon l'AFP, la nécessité de trouver un accord intermédiaire pour laisser le temps aux autorités grecques de fixer un plan de réformes conjoint sur trois ans aurait été évoquée par M. Tsipras.
Après sa rencontre avec le Grec, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré avoir souligné à M. Tsipras le besoin d'une solution acceptable pour tous les États de l'eurozone. Il a anticipé des négociations difficiles qui « requerront de la coopération, du dialogue et des efforts déterminés de la Grèce ».
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a constaté que la Grèce se battait pour une coopération européenne et non pour une séparation grecque. M. Tsipras, qui se rendait ensuite à Paris, a précisé qu'aucun accord n'avait encore été trouvé mais que les discussions allaient dans la bonne direction. Soulignant que l'histoire de l'UE était une histoire de « désaccords, mais, à la fin, de compromis », il a assuré de sa volonté de trouver un accord mutuellement bénéfique et viable avec l'eurozone. Souhaitant que la souveraineté de la Grèce soit respectée, il a également promis de respecter les règles européennes et s'est dit optimiste après la série de réunions qu'il a tenues avec ses partenaires européens. « Nous voulons corriger le cadre, pas le détruire », a assuré le leader grec.
C'est que le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, a déjà critiqué les annonces unilatérales de la Grèce: arrêt des privatisations, annulation des licenciements de fonctionnaires, hausse du salaire minimum.
Selon un document fuité sur la toile et destiné à la réunion, jeudi, du groupe d'experts sur l'euro au Conseil, l'Allemagne estime que l'Eurogroupe a besoin d'un engagement clair des Grecs sur la mise en oeuvre totale des réformes clés nécessaires à maintenir le programme sur les rails. M. Schäuble recevra le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, ce jeudi à Berlin.
Les ministres devraient probablement se revoir mercredi 11 février lors d'un Eurogroupe extraordinaire supposé préparer les discussions sur la Grèce que tiendront les chefs d'État et de gouvernement de l'UE lors du sommet européen du jeudi 12 février.
Mercredi, le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, a annoncé la couleur. Il n'y a pas de raison que la Grèce soit traitée différemment des autres pays ayant reçu une assistance financière, a-t-il déclaré devant le Parlement national. Certains pays ayant déjà fait l'objet d'un sauvetage financier, le Portugal et l'Espagne (deux pays dirigés par des gouvernements de centre-droit), semblent peu enclins à faire un nouveau geste envers Athènes après les sacrifices qu'ils ont dû imposer à leurs citoyens.
À Paris avec le président François Hollande, M. Tsipras a promis de lutter contre la fraude fiscale et l'État clientéliste. Après sa visite à la BCE mercredi, M. Varoufakis a quant à lui promis de réformer le pays d'une manière jamais vue auparavant et avec une détermination jusque-là absente. Il a évoqué des discussions fructueuses avec la BCE alors que celle-ci devait se prononcer, le jour même, sur la prolongation de l'octroi de liquidités d'urgence (ELA) en faveur des banques grecques. Plus tôt, lors d'une interview à l'hebdomadaire Die Zeit, il avait déclaré que la BCE devrait « supporter nos banques pour que nous puissions rester à flots ».
La veille, au journal italien Repubblica, M. Varoufakis avait expliqué vouloir remplacer les prêts du FMI et des pays de l'eurozone par de nouvelles obligations au prix du marché, avec comme clause un remboursement annexé à la fermeté de la croissance en Grèce.
Le ministère grec des Finances a, par ailleurs, confirmé que M. Varoufakis avait rencontré des responsables du FMI à Paris le weekend dernier. Le FMI, de son côté, a nié avoir tenu des discussions avec les autorités grecques sur un changement dans le cadre général de la dette, selon l'AFP. (EL)