Bruxelles, 04/02/2015 (Agence Europe) - L'association des exportateurs laitiers américains, le US dairy export council (USDEC), a fait part aux négociateurs européens et américains, mercredi 4 février, en marge du 8ème round de négociations TTIP cette semaine à Bruxelles, de ses trois préoccupations concernant l'approche graduelle de l'UE sur les indications géographiques (IG).
En premier lieu, l'USDEC juge « inacceptable » que l'approche utilisée sur les IG dans l'accord de libre-échange UE/Canada serve de modèle pour le TTIP. Une telle approche repose sur le renoncement par les producteurs américains de leur droit à utiliser des noms alimentaires génériques tels que 'asiago', 'feta', 'fontina', 'munster' et 'gorgonzola', explique l'association dans un communiqué du consortium international pour les noms alimentaires courants (CCFN), dont elle est un membre actif. « Des fromages américains pour une production de près de 21 milliards de dollars empruntent des noms d'origine européenne reflétant les racines des immigrants aux États-Unis provenant de nombreux pays européens », ajoute l'association.
Ensuite, l'USDEC critique le manque de viabilité de l'approche européenne. « Nous estimons que les produits bénéficiant d'une appellation géographique très spécifique inclus dans leur nom composé, tels que 'Gouda Holland', peuvent être protégés au profit des producteurs et des consommateurs, tandis que le seul mot 'gouda' reste clairement et sans restriction dans l'usage libre », souligne l'association.
Enfin, l'USDEC déplore la multiplication des interdictions de l'UE dans le monde, dans le cadre d'accords commerciaux récents avec l'Afrique du Sud et le Maroc ou de ses efforts pour inscrire de nouveaux produits, tels que fromage 'havarti' pour lequel une norme internationale Codex existe déjà. « Ces efforts participent à éliminer la concurrence avec les produits de l'UE en limitant les marchés des pays tiers pour les exportations américaines », juge l'association. L'USDEC demande que les négociations sur les IG soient traitées dans un forum séparé, « afin d'évaluer attentivement les préoccupations légitimes des deux parties, incluant la quête d'une solution pour la réintroduction sur le marché européen de produits clés des États-Unis portant des noms qui depuis seulement très récemment sont considérés dans l'UE comme des produits génériques comme le 'parmesan' et les fromages 'feta' made-in USA (fabriqué aux États-Unis) ». (EH)