Bruxelles, 19/12/2014 (Agence Europe) - L'industrie bancaire doute que l'accord politique plafonnant les commissions multilatérales d'interchange (CMI) bénéficiera directement aux consommateurs.
La Fédération bancaire européenne (FBE) se demande si l'accord politique marqué par le Conseil de l'UE et le Parlement européen se traduira réellement par un recours accru aux paiements par carte et conduira à une baisse des prix pour les consommateurs (EUROPE 11221). « Les dispositions de ce règlement, qui favorisent clairement les commerçants, pourraient signifier que les consommateurs aient à faire face à des frais plus élevés et bénéficient d'avantages moindres lors de l'utilisation de cartes de paiement », déclare l'organisation dans un communiqué. Le membre français de la FBE, qui doute que les consommateurs retireront des avantages du règlement, a réclamé « une période minimale de transition de 2 ans » pour permettre le renouvellement du parc des cartes de paiement en France.
Visa Europe, association détenue et contrôlée exclusivement par plus de 3 500 banques européennes présentes dans 37 pays, a salué la « clarté » accrue sur le cadre réglementaire. Néanmoins, elle a fait part de ses « profondes inquiétudes » vis-à-vis des « conséquences inattendues, particulièrement pour les consommateurs ». Par exemple, la suppression du principe 'honorer toutes les cartes' pourrait avoir un « sérieux impact négatif » si les usagers ne sont pas certains que leur carte de paiement sera acceptée. « Il existe un risque réel que les consommateurs reviennent à des moyens de paiement moins efficaces et moins sûrs, tels que l'argent liquide », a considéré Visa Europe. Soulignant la forte pression exercée par les commerçants sur ce texte, l'organisation appelle ceux-ci à jouer le jeu en répercutant réellement aux consommateurs finaux les économies qu'ils réaliseront sur des CMI amoindries. Or, des expériences menées en Australie et aux États-Unis montrent que les prix n'ont pas été diminués, a-t-elle constaté.
Les CMI sont des commissions versées par la banque d'un commerçant à la banque du titulaire de la carte de paiement utilisée pour la transaction. Permises dans certains États membres à des niveaux maximaux différents (jusqu'à 1,5%), elles sont interdites ailleurs. Selon la Commission et les organisations de consommateurs et de sociétés du commerce, elles procurent des revenus excessifs aux réseaux Mastercard et Visa et sont répercutées in fine dans le prix des marchandises acquises par le consommateur. (MB)