Bruxelles, 09/12/2014 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé, mardi 9 décembre, que les marchés financiers devraient « se sentir en sécurité » vis-à-vis de la Grèce, les autorités grecques semblant savoir où elles vont.
Ces commentaires font suite à la chute de 12,8% de la Bourse d'Athènes, le même jour à sa clôture, et à la hausse des rendements des obligations grecques à hauteur de 7,69%, après que le gouvernement grec a décidé d'avancer à fin décembre l'élection présidentielle. Si le candidat présenté par la coalition du gouvernement, Stavros Dimas, n'obtenait pas 180 voix, le pays serait tenu d'organiser des élections législatives anticipées. La coalition dispose de 155 députés et compte sur 30 élus non inscrits pour passer ce vote sans encombre, alors que le parti 'Syriza', hostile au plan de sauvetage, est en tête des sondages. « C'est une décision démocratique que je ne peux pas commenter », a dit M. Moscovici. Selon lui, si le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a choisi cette voie, c'est qu'il est confiant dans sa capacité à réunir les voix nécessaires.
Le commissaire a également souligné que les décisions prises la veille par l'Eurogroupe montraient que celui-ci avait confiance dans le travail et les efforts des Grecs. Dès qu'Athènes le requerra officiellement, l'Eurogroupe répondra en effet favorablement à une demande d'extension de deux mois du programme, a annoncé son président, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, lundi 8 décembre.
Après une discussion d'environ deux heures, le curseur a bougé entre la Grèce et la Finlande, la première voulant une extension courte de son programme, la seconde une extension de six mois, toutes les deux en raison d'échéances électorales en 2015. L'Eurogroupe a constaté que, malgré les progrès sur le terrain, il n'y avait pas de base suffisante pour clore la mission de suivi de la 'troïka', préalable à toute décision relative à la sortie du plan de sauvetage grec et au versement de la prochaine tranche d'aide.
La 'troïka' devait préparer un rapport factuel sur l'état des lieux de la mission pour le 9 décembre et retourner à Athènes le même jour. Il reviendra ensuite au groupe technique du Conseil de faire rapport aux États membres pour que ceux-ci puissent soumettre une extension du plan grec à leur parlement national afin qu'une décision intervienne d'ici fin 2014, quand le programme expirera. Les Grecs devront alors réaffirmer leur engagement sur une liste d'actions.
Cette extension permettra à la Grèce de ne pas perdre la dernière tranche de 1,8 milliard d'euros du FESF. Une demande parallèle doit être faite pour également étendre de deux mois la validité du coussin de 10 milliards d'euros mis de côté dans le fonds grec HFSF de stabilisation financière. Dans deux mois, quand la Grèce demandera une ligne de crédit de précaution ('ECCL'), ce coussin pourrait servir de ligne de crédit, mais cette conversion nécessitera aussi l'approbation des parlements des pays de la zone euro qui l'exigent. (EL)