Bruxelles, 04/12/2014 (Agence Europe) - Si l'espérance de vie des Européens est plus longue aujourd'hui que pour la génération précédente, les inégalités en matière de santé et dans l'accès à des soins de qualité se creusent, révèle la troisième édition du rapport conjoint UE/OCDE sur la santé en Europe (« Health at a Glance: EUROPE 2014), publié mercredi 3 décembre.
« Cet état des lieux sur la santé en Europe (…) montre que les politiques et les stratégies européennes sont nécessaires pour promouvoir des modes de vie sains, protéger des niveaux de vie sains et améliorer la prévention, les diagnostics précoces et le traitement des maladies dans les pays qui sont à la traîne (…) Nous espérons que le rapport aidera à stimuler des actions futures afin que les citoyens européens de tous les milieux socio-économiques puissent jouir d'une vie plus longue, plus saine et plus active », a déclaré le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, dans un communiqué conjoint avec le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría.
Le rapport présente des indicateurs clés sur la santé dans 35 pays européens (les 28 États membres plus les pays candidats, sauf l'Albanie et les pays de l'EEE). Il indique que:
Une espérance de vie, plus longue. L'espérance de vie dans les pays de l'UE s'est allongée de plus de cinq ans en moyenne depuis 1990. Elle est la plus longue en Espagne, Italie et France et la plus courte en Lituanie, Lettonie, Bulgarie et Roumanie. L'écart entre ces deux groupes est d'environ huit ans. L'espérance de vie est, par ailleurs, généralement plus longue de quelques années pour les personnes ayant un niveau d'éducation élevé par rapport à celles ayant un moins bon niveau d'études.
Les inégalités se confirment. Des inégalités de santé sont visibles lorsque l'on compare la situation entre pays mais aussi entre régions d'un même pays. Elles sont imputables en grande partie aux disparités dans l'accès aux soins et la qualité des soins, ainsi qu'aux modes de vie et aux comportements des individus. Par ailleurs, dans la plupart des pays de l'UE, la couverture santé universelle a préservé l'accès aux soins de santé pendant la crise économique, à l'exception de la Bulgarie et de la Grèce, où de nombreuses personnes ont perdu cette couverture. Dans plusieurs autres pays, cette couverture s'est toutefois réduite et les dépenses à charge des patients ont augmenté.
La qualité des soins en hausse. La qualité des soins de santé s'est améliorée en dépit de la crise, mais d'importantes disparités subsistent entre États membres, le Danemark et la Suède étant les plus performants en la matière, contrairement à la Hongrie et à la Lettonie qui le sont le moins.
Dépenses en baisse. Les dépenses de santé ont chuté dans la moitié des pays de l'UE et ont considérablement marqué le pas dans les autres États membres. En moyenne, elles ont reculé de 0,6% entre 2009 et 2012 alors qu'elles avaient augmenté de 4,7% entre 2000 et 2009.
Le rapport souligne aussi que le nombre de médecins est globalement à la hausse dans les États membres depuis 2000, sauf en France, et que l'obésité, en augmentation, est devenue un grave problème de santé publique. (IL)